Les caribous de Matimekush-Lac-John seront servis à la communauté d’ITUM
La viande dépecée a été entreposée dans des congélateurs de la communauté en attendant d’être préparée lors des makushams. Courtoisie
La récente chasse communautaire aux caribous sur le territoire de la nation innue de Matimekush-Lac-John et à laquelle ont participé des chasseurs de Uashat mak Mani-utenam permettra d’offrir des repas communautaires traditionnels.
Le bureau politique d’ITUM a annoncé via ses réseaux sociaux que deux repas communautaires auront lieu prochainement pour honorer les animaux récoltés en février, et ce, dans chacun des pôles de la communauté.
Cette formule a été choisie cette année plutôt que la distribution individuelle, souligne André Michel, biologiste et expert caribou de la nation.
« Aucune viande n’a été donnée, mais presque tout a été dépecé et congelé. Il en reste encore une dizaine à dépecer », indique-t-il.
L’abondance de viande a dépassé la capacité des congélateurs communautaires. L’utilisation d’un van réfrigéré a été nécessaire.
Les deux soupers communautaires prévus ne seront pas les seuls moments où la viande sera servie.
Des makushams (célébrations festives traditionnelles) sont prévus à la fête des Mères, à la fête des Pères ainsi que le 21 juin, Journée nationale des peuples autochtones. Les détails des événements à venir seront transmis aux membres de la communauté. Les aînés dans l’impossibilité de se déplacer pourront également recevoir un repas à domicile.
Rien ne se perd
On a pris grand soin de récupérer toutes les parties des animaux pouvant l’être, notamment les peaux, qui serviront à un projet de tannage et de transformation, les bois, la graisse, les os et même les sabots.
Paul-Émile Gabriel a demandé à récupérer ces derniers, qu’il entend valoriser en créant des jouets, comme des bilboquets, et des instruments traditionnels.
« Je travaille avec des outils que nos ancêtres utilisaient pour nettoyer la peau, travailler les os. Les hochets sont un instrument de musique spirituel et sont fabriqués avec les sabots. »
Ceux-ci, dûment bouillis, deviennent caoutchouteux et malléables, explique-t-il.
Les os qui rattachent le sabot à la patte serviront quant à eux à faire des bilboquets.
M. Gabriel apprendra les techniques en le faisant.
« Ce sera ma première fois, les hochets. Ce sont des choses que je veux faire moi-même. Si des aînés veulent m’aider, je suis ouvert. Ce travail-là est long. Moi, ça me permet de m’occuper, de travailler sur la patience, ce qui va se répercuter dans mes relations, dans ma vie professionnelle. Ça fait partie de la guérison personnelle. »
Il souhaite partager son apprentissage avec les membres des communautés de la Côte-Nord.
« Je veux faire des ateliers un peu partout sur la Côte-Nord, j’en ai déjà fait », dit-il.
Il travaillera au Centre culturel Tshissenitamun Mitshuap de Maliotenam pour préparer les matériaux.
« Il faut faire bouillir les os et les sabots sur plusieurs heures », explique-t-il.
C’est aussi au centre culturel qu’a été réalisé le dépeçage des animaux.
Apprendre le dépeçage à l’école
Les élèves des quatre écoles de la communauté pourront être initiés au dépeçage du Atiku, animal emblématique de la nation innue.
« Ils ont donné un caribou entier à chacune des écoles », explique André Michel.
Ces apprentissages sont essentiels pour préserver le lien entre les jeunes de la communauté et l’animal emblématique de la nation innue, estime-t-on.
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