Féminicides : le député Montigny interpellé
Des groupes engagés en matière de violence conjugale sur la Côte-Nord se sont mobilisés devant le bureau du député Yves Montigny à Baie-Comeau le 9 mars. Photo Karianne Nepton-Philippe
Au lendemain de la Journée internationale des droits des femmes, des groupes engagés en matière de violence conjugale sur la Côte-Nord ont posé un geste symbolique devant le bureau du député de René-Lévesque, Yves Montigny.
Des intervenantes y ont déposé un sac de roches peintes en noir, chacune portant le nom et l’âge d’une femme tuée au Québec depuis le début de l’année. En date du 9 mars, sept féminicides ont été recensés dans la province.
« On n’attendra pas à l’automne pour réagir, surtout que le nombre est déjà très élevé », explique Suzie Levasseur, coordonnatrice de la Maison Anita-Lebel de Baie-Comeau, une maison de deuxième étape pour les femmes et les enfants ayant vécu de la violence conjugale.
La démarche est née d’une rencontre tenue en février entre plusieurs organismes de la Manicouagan. Selon Suzie Levasseur, l’initiative découle d’une réflexion commune menée par ces groupes, dont la Maison Anita-Lebel.
Parmi les autres organisations impliquées, notons la Maison des femmes de Baie-Comeau, le Centre de femmes l’Étincelle, le Regroupement des femmes de la Côte-Nord et le CALACS.
L’initiative a rapidement pris une portée plus large. « C’est parti de la Manicouagan, mais c’est devenu régional parce que les autres groupes embarquent aussi », ajoute la coordonnatrice.
Un geste symbolique
Le dépôt de roches devant les bureaux d’élus constitue la première phase de la mobilisation. Chaque pierre, peinte en noir avec un ruban blanc, rappelle une victime de féminicide.
« Nous, au quotidien, on a ce poids-là sur nos épaules dans le travail qu’on fait, dans la prévention et la revendication qu’on fait. On veut partager ce fardeau-là avec le député », explique Mme Levasseur.
La campagne s’articule autour du slogan La roche témoigne, la Côte-Nord se lève. Les organisatrices souhaitent également disperser des roches peintes dans différents lieux publics de la région et créer une page Facebook intitulée Non aux féminicides Côte-Nord afin de sensibiliser la population.
Une réalité préoccupante
Même si aucun féminicide récent n’a été signalé sur la Côte-Nord, Mme Levasseur affirme que la région demeure fortement touchée par la violence conjugale.
« Ça fait au moins 18 ans qu’on est au top en violence conjugale. Non, on n’a pas de féminicide, mais ça ne veut pas dire que les femmes n’ont pas les conséquences ou les impacts quand même », soutient-elle.
Selon elle, les ressources d’aide demeurent sous pression. À la Maison Anita-Lebel, plusieurs demandes d’admission sont actuellement en traitement. « Je ne pourrais pas toutes les recevoir. Ou si je les reçois toutes, je vais avoir des femmes qui vont être en surpopulation dans leur appartement », illustre-t-elle.
La mobilisation survient moins de deux semaines après l’adoption unanime à l’Assemblée nationale d’une motion demandant au gouvernement du Québec de déposer un projet de loi inspiré de la Loi de Clare, réclamée sous le nom de Loi Gabie Renaud, afin de prévenir de nouveaux féminicides.
Les groupes souhaitent maintenant maintenir la pression et répéter des actions similaires chaque lundi suivant un nouveau féminicide.
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