Photo d’archives du mois | Il y a 100 ans, le chroniqueur nord-côtier Placide Vigneau nous quittait
Suzanne, Placide, et Hector Vigneau avec un enfant à l'île aux Perroquets, entre 1887 et 1925. Photo Archives nationales à Sept-Îles, fonds Placide Vigneau (P48, S1, SS3, P6).
Il y a 100 ans, Placide Vigneau, chroniqueur nord-côtier et troisième gardien du phare de l’île aux Perroquets (1892-1912), nous quittait pour son ultime voyage. Décédé chez lui dans la soirée du 1er mars 1926 vers 22 h, Placide est inhumé, le surlendemain, dans le cimetière de Havre-Saint-Pierre.
Son fils, Hector, nous renseigne sur le déclin de son père, alors âgé de 83 ans. Gardien du phare de l’île aux Perroquets à son tour (1912-1947), il écrit dans son journal1 qu’après avoir reçu un message de son père lui demandant de se rendre à son chevet, il décide de passer l’hiver 1925-1926 au village afin d’en prendre soin puisque sa santé se dégrade.
Les documents d’archives du fonds Placide Vigneau témoignent de son vieillissement et de sa fin de vie. Dans ses journaux, nous pouvons voir une calligraphie moins assurée et plus erratique. Dès 1923, des membres de la famille se relaient pour continuer le travail du chroniqueur et consignent les événements qui surviennent dans la région dans ses journaux où différentes mains d’écriture se suivent.
Une de ses dernières entrées révèle également des questionnements sur sa fin. Lors de la visite de sa sœur Marie-Anne et de son gendre Nelson Giasson, après une absence de plus de 36 ans de leur village natal, Placide écrit cette courte phrase : « Les verrai-je encore ? Qui sait2 ».
Peu de temps avant son décès, Placide Vigneau a l’occasion d’écrire sur divers sujets et événements marquants concernant la région. Il est également témoin d’un tragique incident aux conséquences funestes quelques jours avant son décès. À la fin du mois de février 1926, un feu éclate chez l’agent de la Clarke Trading Company, Alfred Cormier. Après qu’il a jeté de l’huile sur du charbon chaud pour raviver un feu dans le poêle, les flammes se répandent sur ses vêtements ainsi que sur ceux de son épouse. Cette dernière décède dans d’atroces souffrances et son époux succombera, lui aussi, à ses blessures, suivant Placide au cimetière de quelques heures.
Il n’est malheureusement plus possible, aujourd’hui, de voir l’épitaphe de Placide Vigneau. Les pierres et les croix de bois du cimetière des Anciens furent cassées et ensevelies en juin 1990. Heureusement, le poète local, Roland Jomphe, a pris quelques clichés avant la destruction des pierres tombales, dont un de la stèle de Placide3. Le poète explique dans ses écrits que l’épitaphe ne se dressait pas sur le lot d’origine de la sépulture. En effet, les monuments funéraires furent déplacés au gré du temps, de telle sorte que la pierre tombale de Placide Vigneau était décalée par rapport au lieu d’inhumation.
Ce centième anniversaire du décès de Placide Vigneau est l’occasion de découvrir ou de redécouvrir les documents et photographies de son fonds d’archives, source historique d’importance pour l’histoire nord-côtière. Beaucoup de documents ont été numérisés l’année dernière et sont maintenant disponibles en ligne : https://advitam.banq.qc.ca/notice/807006
Les Archives nationales à Sept-Îles (BAnQ) sont situées au 700, boulevard Laure, bureau 190 | 418 964-8434 | archives.sept-iles@banq.qc.ca
1 Journal particulier tenu au phare de l’île aux Perroquets, 1924-1927, p. 55. Archives nationales à Sept-Îles, fonds Placide Vigneau (P48, S1, SS2, D10, P9).
2 « Extraits de lettres des premiers missionnaires qui ont parlé de la Pointe-aux-Esquimaux », 27 juin 1924. Archives nationales à Sept-Îles, fonds Placide Vigneau (P48, S1, SS2, D5).
3 Voir dossier de photographies du cimetière des Anciens, 16 juin 1990. Archives nationales à Sept-Îles, fonds Roland Jomphe (P53, S3, SS4, D16).
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