Pessamit dénonce la « violence » dans l’intervention à Ekuanitshit
Selon Pessamit, la meilleure façon de sauver le caribou passe par la protection de son habitat, et non par la répression contre les Premières Nations. Photo archives
Le Conseil des Innus de Pessamit réagit à l’intervention qui s’est déroulée dans un domicile à Ekuanitshit. Selon la communauté, il s’agit d’une opération « qui soulève de la colère, de l’indignation et de sérieuses préoccupations quant au respect des droits des Premières Nations ».
Rappelons que des agents de protection de la faune du ministère de l’Environnement, de la lutte contre les changements climatiques, de la faune et des parcs du Québec ainsi que de la Sûreté du Québec sont débarqués au domicile d’une femme, soupçonnée d’avoir en sa possession une carcasse de caribou forestier.
« À Pessamit, nous avons choisi, sur une base volontaire et de bonne foi, de restreindre à nos membres la chasse au caribou forestier afin de contribuer à la régénération de “Atiku“, symbole important de notre identité culturelle », peut-on lire par voie de communiqué.
Le Conseil des Innus de Pessamit soutient que même si ces changements ont des conséquences sur la transmission de savoirs traditionnels, cette décision n’a pas eu pour effet de renoncer aux droits ancestraux de chasse.
« Le gouvernement du Québec ne peut agir de manière coercitive et musclée dans nos communautés innues, comme cela a été le cas à Ekuanitshit. De telles interventions minent la confiance, aggravent les tensions et ignorent les principes de nation à nation qui doivent guider les relations avec les Premières Nations », soutient le Conseil.
« Le Conseil des Innus de Pessamit condamne catégoriquement l’usage de la violence dans l’intervention contre nos frères et nos sœurs de Ekuanitshit. »
Sauver le caribou
Selon la communauté, la meilleure façon de sauver le caribou passe par la protection de son habitat, et non par la répression contre les Premières Nations.
« Nous rappelons que la situation critique du caribou forestier, ainsi que le mentionnait le rapport final de la commission indépendante sur les caribous forestiers et montagnards commandé par le gouvernement du Québec, est très largement attribuable aux activités industrielles et aux décisions gouvernementales », indique le Conseil.
Celui-ci fait notamment référence à l’émission continue de permis de coupes forestières et du manque d’action dans le dépôt d’une stratégie de protection du caribou.
« Le gouvernement doit absolument assumer ses responsabilités et s’attaquer aux véritables causes du déclin de l’espèce et cesser immédiatement de jeter le blâme sur les Premières Nations », conclut le Conseil des Innus de Pessamit dans son communiqué.
À découvrir
Des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.