Une troisième turbine qui fait réagir
Le site de SM-3. 1- Le poste de départ, où sera installé un 3e transformateur, afin d'élever la tension pour le transport.2-La centrale souterraine taillée à même le roc, où le groupe numéro 3 est prêt à être installé. 3- La ligne de transport de 315 kV existante vers le poste Arnaud. Source : site web d'Hydro-Québec
La volonté d’Hydro-Québec (HQ) d’ajouter une troisième turbine à la centrale SM-3 sur la rivière Sainte-Marguerite provoque des réactions variées. Alors que la ZEC Matimek souhaite en savoir plus avant de se prononcer tout en exprimant des préoccupations, la Fondation Rivières estime que ce projet a du sens, puisque planifié sur une rivière déjà harnachée.
HQ indique que « la particularité de cette centrale est qu’elle est la seule qui ne nécessitera pas de travaux majeurs pour procéder à son optimisation, puisqu’elle a été conçue et construite pour accueillir trois groupes turbine-alternateur. »
Depuis le début des années 2000, deux groupes seulement y sont en service.
À la Fondation Rivières, on voit plutôt d’un bon œil l’ajout de cette troisième turbine, indique le directeur André Bélanger.
« À l’époque, ils voulaient détourner la Pékan, donc la Moisie, mais ç’a été refusé par le BAPE. Comment ça se fait qu’ils ont construit un troisième trou ? Est-ce parce qu’ils pensaient être capables de revenir à la charge et d’obtenir les autorisations par la suite? », évoque M. Bélanger. « Ce n’est pas de la grande planification d’Hydro-Québec, mais ils se sont dits : à force de pousser, on va réussir à gagner. Aujourd’hui, ils réalisent que c’était une sage décision d’avoir prévu de contourner le BAPE finalement », estime-t-il.
30 ans plus tard, cette troisième turbine pourrait être une solution au problème qu’éprouve Hydro-Québec à remplir ses obligations auprès de ses clients, surtout en période de pointe hivernale.
« Le projet de suréquipement de la centrale SM-3 permettra de réaliser à lui seul environ 30 % de l’objectif d’optimisation de nos centrales existantes », indique d’ailleurs HQ.
« En période de pointe cette année, HQ a été obligé de couper dans les exportations pour le Massachusetts et d’acheter sur le marché de l’électricité à 165 $/MWh. Ça, c’est de l’argent, beaucoup d’argent… ce que cette centrale permet de faire, c’est de répondre à une demande de pointe », de renchérir M. Bélanger, qui ne s’inquiète pas outre mesure des impacts sur le cours d’eau.
« Ça me surprendrait qu’il y ait des impacts environnementaux majeurs, considérant qu’avant, la rivière, elle n’avait pas de barrage et il y avait des crues au printemps, donc ça coulait plus. »
Si une partie de la solution pour répondre aux pics de demande hivernale semble à portée de main, le dg de la Fondation Rivières invite à une réflexion plus large.
« On voit qu’il y a encore des MW qui sont accordés à des filières. François Legault est parti sur les centres de données, mais on ne l’a juste pas, cette électricité. Quand on voit que c’est 3 milliards $ pour 800 MW qui vont rouler 300 heures par année, c’est de l’argent. On noie ça dans les tarifs patrimoniaux, dans les coûts de la Baie-James, mais dans quelques années, on risque d’avoir un choc tarifaire et ça va coûter beaucoup plus cher de produire l’électricité dont on a besoin. »
Il faudra, plus tôt, que tard, cesser de brader l’hydroélectricité, estime-t-il.
« Dans quelques années, ça va coûter beaucoup plus cher de produire l’électricité dont on a besoin. On ne peut pas juste faire semblant et ne pas augmenter les tarifs », estime M. Bélanger.
À découvrir
Des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.