La première sortie en motoneige de Christian Genest ne s’est pas passé comme il l’aurait espéré. Après avoir fait une chute et être tombé sous sa motoneige, il a dû attendre quatre heures à -30 °C couché dans la neige, avant de repartir avec les secours. Le dénouement de cette histoire aurait pu être bien pire s’il n’avait pas eu l’aide incroyable de cinq personnes, qui lui ont sauvé la vie. « Sans eux, je serais mort », confie le Baie-Comois.
« C’était ma première randonnée de motoneige à vie, je n’en avais jamais fait. J’avais un Ski-Doo trop fort pour mes compétences », raconte d’abord Christian Genest, en entrevue avec Le Manic.
Il s’est retrouvé à avoir des difficultés à bien contrôler le véhicule. « Émotionnellement, je suis enragé envers moi-même. J’aurais dû m’écouter, affirmer mes capacités », lance-t-il.
Juste une randonnée
Le matin du 23 janvier, Christian Genest est parti d’un chalet à Longue-Rive pour une randonnée en motoneige avec cinq de ses collègues et amis vers les monts Valin, au Saguenay.
« J’allais très lentement quand je suis arrivé dans un virage. J’ai donné un petit coup de gaz pour donner un peu de vitesse et le devant du Ski-Doo a levé. Quand il est retombé au sol, ma mitaine s’est prise dans la manette de gaz, comme si j’avais agrippé le Ski-Doo en pesant sur le gaz. »
C’est alors qu’il a fait une chute, s’est retrouvé plus loin de la piste et est tombé sous la motoneige. « Je me suis retrouvé à plonger 75 pieds de long par 30 pieds de hauteur dans un ravin. »
Vite, à sa recherche
Son collègue, Jimmy Fortin, le suivait et a vu toute la scène. « Il n’a jamais tourné le virage, il a passé tout droit », raconte-t-il à son tour.
« À la course, je suis entré dans la trace qu’il avait faite, mais je ne le trouvais pas. Je ne voyais pas de motoneige. Je voyais juste des arbres cassés », poursuit-il.
Plus loin, il aperçoit la motoneige, mais ne voit toujours pas son ami, jusqu’à ce qu’il retire le véhicule motorisé et creuse dans la neige, avec l’aide de ses amis. « Je cherchais, mais j’étais convaincu qu’il était mort. J’ai l’impression que ça va mal se terminer cette histoire-là », déclare aussitôt Jimmy Fortin.
L’adrénaline est rapidement embarquée et les cinq amis se sont mis en mode secours et solutions. Messages textes aux services d’urgence, allumage de feux pour empêcher de geler, ouverture de chemin jusqu’au sentier : tout le monde est à son poste.
« Chaque personne avait une tâche. Je me suis occupé de la communication avec les services d’urgence. On a fait des feux et un abri. Tout le monde a joué un rôle important », dit-il.
Garder au chaud
Christian Genest lui, ne voyait pas tout, mais savait que ses amis faisaient tout ce qu’ils pouvaient pour l’aider. Il avait quand même très peur de ne pas réussir à s’en sortir.
« Je gelais des orteils, des doigts. Ils ont gardé le plus de chaleur possible. Un moment donné, il y en a un qui est allé chercher une bonbonne de propane avec un chalumeau et il me chauffait les bottes de ski », lance-t-il.
Un des hommes a mis une couverture chauffante sur M. Genest. Les motoneiges ont même été placées de chaque côté de l’homme pour couper le vent.
Jimmy Fortin restait le plus possible aux côtés de Christian Genest pour le rassurer, mais surtout pour le garder réveillé et en bonne posture. « J’avais des douleurs à la jambe et une fracture ouverte au genou droit. Je voulais que Jimmy bouge ma jambe, mais il a refusé », raconte ce dernier.
Lorsque les ambulanciers sont arrivés, ils n’ont pas eu le choix de bouger la jambe de l’accidenté. C’est à ce moment qu’il s’est mis à saigner, mais il a été rapidement stabilisé. « On m’a dit qu’ils ont bien fait de ne pas me bouger. »
« Durant ces quatre heures-là, c’est l’adrénaline dans le tapis. On ne voulait pas qu’il ait froid. Peu importe le temps que ça aurait pris, on serait resté là. On était prêt à passer la nuit là. Avant que les secours arrivent, on s’enlignait pour se faire un abri », se rappelle Jimmy Fortin.

Le meilleur scénario
Le Baie-Comois s’est retrouvé avec une fracture du tibia et du fémur à la jambe droite, la rotule du genou émiettée et deux os cassés à l’avant-bras droit.
« Quand j’ai vu le visage de l’ambulancier, c’est le moment où je me suis dit que j’allais m’en sortir », se remémore Christian Genest, qui est parti en nacelle avec les motoneiges des ambulanciers pour regagner la route.
« J’ai fait deux heures de nacelle, ça a été un moment très souffrant. J’avais hâte de voir une ambulance », laisse-t-il tomber.
L’accompagnement de ses cinq amis est ce qui a sauvé le blessé. « Sans eux, je serais mort. Les secouristes me l’ont dit. Ces cinq personnes-là m’ont sauvé la vie. »
Il raconte que, rendu à l’hôpital de Chicoutimi, là où il « a rarement été autant impressionné du système de santé », il a subi une opération au bras et une stabilisation de la jambe. Plusieurs jours plus tard, il a été transféré à Baie-Comeau où il s’est fait opérer la jambe. Aujourd’hui, il ne peut mettre de pression sur celle-ci.
« Ça reste le meilleur des scénarios », lance Christian Genest, qui ne peut s’arrêter de remercier ses sauveteurs.
« Un accident, c’est un accident »
« Peu importe ton expérience, tu n’es pas à l’abri d’un accident. Un accident, c’est un accident et ça arrive vite. Surtout, ça peut arriver à n’importe qui », tient à mentionner Jimmy Fortin au bout du fil.
Les deux interlocuteurs s’entendent pour dire qu’une des choses les plus importantes, c’est d’être bien équipé lorsqu’on part en randonnée de motoneige.
« On ne pense pas à ça tant que ça ne nous arrive pas. C’est important d’être toujours prêt à ça. C’est aussi important de ne pas partir seul », souligne M. Fortin.
Celui-ci confie même qu’un de ses amis avait une trousse de premiers soins, mais pas lui. Chose qu’il a rapidement achetée. « Vous savez, ça ne prend pas de place dans les bagages, une trousse de premiers soins. »
Remonter à motoneige
Pour Christian Genest, pas question de s’arrêter à ça. Malgré l’accident, il parle déjà de refaire de la motoneige.
« Je le vois comme un échec et un échec, je ne garde pas ça. Il faut que je refasse du Ski-Doo, que je refasse la même randonnée. Probablement l’année prochaine. »

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