Des représentants du Bureau du Commissaire aux travailleurs sillonnent la Côte-Nord afin de consulter les milieux touchés par l’industrie saisonnière. Un rapport attendu en juin pourrait mener à des changements majeurs au régime d’assurance-emploi.
Le régime d’assurance-emploi fait l’objet d’une nouvelle enquête fédérale qui pourrait avoir des répercussions importantes pour les travailleurs saisonniers de la Côte-Nord.
Deux représentants du Bureau du Commissaire aux travailleurs de la Commission de l’assurance-emploi du Canada (CAEC) sont actuellement en tournée dans la région afin de recueillir les points de vue de travailleurs, d’employeurs et d’autres acteurs concernés.
L’objectif de cette démarche est de déposer, d’ici juin 2026, un rapport détaillé à Emploi et Développement social Canada (EDSC).
Ce document doit présenter des constats, formuler des recommandations et proposer différentes options pour mieux adapter le programme d’assurance-emploi à la réalité des régions éloignées où l’économie repose largement sur des emplois saisonniers.
Un pas vers la fin des disparités ?
Pour Action-Chômage Côte-Nord, cette consultation représente une avancée significative. « Une telle démarche pourrait bien ouvrir la porte à une éventuelle abolition des régions économiques du régime d’assurance-emploi », dit Line Sirois, directrice générale d’Action-Chômage Côte-Nord.
« En harmonisant les conditions d’éligibilité aux prestations d’assurance-chômage partout au pays, on mettrait fin à une disparité injustifiable, notamment entre des régions dont les caractéristiques socioéconomiques sont semblables, mais dont le taux de chômage diffère l’une de l’autre. Il s’agirait là d’un grand pas dans la bonne direction pour nos travailleurs de l’industrie saisonnière », ajoute-t-elle.
Actuellement, l’accès aux prestations varie selon le taux de chômage établi dans chaque région économique. Cette méthode de calcul entraîne, selon plusieurs intervenants, des inégalités entre des territoires comparables.
Une « lueur d’espoir » pour les régions éloignées
La tenue de cette enquête découle d’efforts conjoints du Bureau du Commissaire aux travailleurs et d’Action-Chômage Côte-Nord. L’organisme régional y voit un signe d’ouverture du gouvernement fédéral.
« Il apparaît que le gouvernement fédéral serait enfin à l’écoute de nos revendications », affirme Mme Sirois.
« Grâce notamment à l’appui des divers intervenants issus des milieux économiques, politiques, municipaux et communautaires, il est maintenant permis d’entrevoir l’adoption de solutions concrètes aux lacunes du régime actuel d’assurance-emploi ainsi qu’au problème du trou noir dans les régions éloignées à forte activité saisonnière. Nos revendications seront-elles enfin entendues ? »
Le « trou noir » évoqué par l’organisme fait référence à la période sans revenu que vivent plusieurs travailleurs saisonniers entre la fin de leurs prestations et le retour au travail.
Les demandes d’Action-Chômage Côte-Nord
Dans le cadre de cette démarche, Action-Chômage Côte-Nord réitère ses principales revendications :
— l’élimination du calcul basé sur le taux de chômage régional ;
— l’instauration d’une norme universelle d’admissibilité fixée à 420 heures de travail ou 12 semaines de 15 heures ;
— un taux de prestation correspondant à 70 % du revenu, calculé sur les 12 meilleures semaines ;
— l’octroi de 35 semaines de prestations pour tous.
Le rapport attendu au début de l’été permettra de mesurer jusqu’où Ottawa est prêt à aller pour corriger les lacunes du régime. D’ici là, les consultations se poursuivent sur le terrain, dans l’espoir de faire avancer un dossier jugé prioritaire pour l’économie nord-côtière.
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