Le futur du judo féminin septilien

Par Sylvain Turcotte 11:52 AM - 10 février 2026
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Leiya Chiasson, Laurence Dubé, Laurianne Rodgers et Maude Bouchard, quatre athlètes de l'Académie de judo de Sept-Îles avec de belles ambitions. Photo Sylvain Turcotte

La filière féminine prend du galon à l’Académie de judo de Sept-Îles. Les Leiya Chiasson, Laurianne Rodgers, Laurence Dubé et Maude Bouchard brillent sur les tatamis et nourrissent de belles ambitions.

Leurs performances depuis le début de la saison sont éloquentes alors qu’elles cumulent les podiums au Québec. Elles ne veulent pas s’arrêter là, visant encore plus haut. 

Les Olympiques sont un rêve, même si elles sont encore toutes jeunes et qu’elles se disent réalistes. « Je veux me rendre le plus loin possible », de dire Laurianne Rodgers.

Que ce soit pour elle, Leiya Chiasson ou Laurence Dubé, elles sont inspirées par Sara-Anne Beaudin, 18 ans, porte-couleur de l’Académie de judo de Sept-Îles qui figure sur l’équipe du Québec. Cette dernière, qui s’entraîne dans la région de Montréal, est toutefois sur la touche présentement, en raison de problèmes au dos. 

Sara-Anne Beaudin trouve ça plaisant de savoir qu’elle est une inspiration pour les filles. « Moi aussi j’admirais les filles plus âgées (Josie-Anne Synnott, Jessica Harrisson et Marie-Pier Labrie) quand j’étais plus petite. Alors devenir l’inspiration des jeunes ça fait du bien à entendre », a-t-elle fait savoir.

De par son parcours, Sara-Anne a tiré les autres filles vers le haut, a fait savoir le directeur technique de l’Académie, David Beaudin, qui est aussi son père. Il a mentionné qu’un bon groupe de jeunes garçons progressent également.  

« On veut faire comme elle [Sara-Anne] », a mentionné Leiya Chiasson, qui a aussi nommé Josie-Anne Synnott. 

Ce sont des filles qu’elles ont vues cheminer à l’Académie. Leiya, Laurianne et Laurence comptent déjà une dizaine d’années chacune sur les tatamis. 

Maude Bouchard, qui en est qu’à sa troisième année de judo, trouve son inspiration dans les trois filles. « Si elles n’étaient pas là, ça serait plate », a-t-elle laissé entendre.

Laurence Dubé souhaite également devenir aussi bonne que ses comparses de judo, Leiya Chiasson et Laurianne Rodgers. Cette dernière l’a d’ailleurs battu deux fois en compétition.

Des ambitions plus terre à terre

Bien avant le rêve olympique, les quatre judokas de l’élite septilienne ont d’autres ambitions devant elles.

Leiya, membre de l’Équipe du Québec depuis janvier, vise une participation au Championnat panaméricain cadet, à la fin avril, en Équateur. Pour ce faire, il lui faudra remporter le Edmonton International au calendrier du 6 au 8 mars.

Elle lorgne également les Championnats du monde cadet 2026 et les Jeux du Canada, qui se tiendront à Québec, en 2027, compétition multisport où elle miroite déjà une médaille d’or. 

Laurianne, Laurence et Maude ont quant à elles parlé de podium au Championnat canadien, à Calgary, en mai. D’ici là, elles veulent aussi se retrouver avec une médaille au cou aux Jeux du Québec, qui s’ouvrent le 28 février à Blainville. 

Une finale toute septilienne entre Rodgers et Dubé, qui combattent chez les moins 52 kg, est une possibilité. « Ça serait le fun », a mentionné Laurianne.

Le judo donne aussi le goût à Laurianne Rodgers de voyager grâce à son sport. Une motivation qui l’amène à espérer prendre part un jour à un Championnat du monde, et inspirée par l’expérience vécue au camp de judo en juillet dernier, au Brésil.

Des opportunités de camps et de compétitions ailleurs dans le monde qui pourraient s’agrandir dans un an alors qu’elle cognera à la porte de l’Équipe du Québec. Laurianne Rodgers occupe le premier rang du classement provincial.

Plus que des victoires 

Au delà du désir de gagner, les quatre judokas septiliennes soutiennent voir leur progression sur les tatamis et retirent du positif des expériences d’apprentissage en camps. 

Vaincue deux fois lors d’une récente compétition au Maroc, sa première à l’internationale, Leiya Chiasson compte se reprendre… au Panam.

Elle aime également la dynamique de filles à l’Académie de judo de Sept-Îles. « Plusieurs filles s’impliquent (notamment comme instructeur). C’est beau à voir. » 

Quant à Laurianne Rodgers, elle se dit aussi animée par le judo pour l’esprit d’équipe avec les autres clubs, « de me faire des amis et de rester en forme. J’aime bouger. »

Maude dit apprécier s’entraîner avec ses amies. 

Qui sont ces 4 judokas qui cumulent les podiums sur la scène provinciale ? 

Leiya Chiasson aura 16 ans le 12 février. À sa première saison chez les U18, moins 52 kg, celle qui étudie à l’IESI en profil judo a décroché l’or à la Coupe Louis Page, à Jonquière, en novembre, à la Coupe Gadbois, à Repentigny, en janvier, et à la Coupe Daniel Hardy, à Québec, en fin de semaine. Elle trône d’ailleurs au sommet du classement provincial. Elle a aussi pris place sur la plus haute marche du podium chez les U21 lors de ces trois compétitions.

Elle fait du judo depuis l’âge de 6 ans. « J’ai toujours aimé me bagarrer. Le judo est une belle façon de faire sortir le méchant. »

Celle que Leiya Chiasson a vaincue en finale à Repentigny, à Jonquière et à Québec, c’est la Septilienne Lauriane Rodgers. L’athlète de 15 ans domine toutefois la catégorie U16 au Québec, forte de ses premières places lors des trois tournois mentionnés ci-haut.

« C’est un peu plate de perdre (contre Leiya Chiasson chez les U18), mais je suis contente pour elle. On est des amies et ça rapporte des médailles pour le club, mais j’aimerais bien la battre. On se connait, ça fait que les combats durent longtemps », a-t-elle dit.

Laurianne s’adonne au judo depuis déjà 12 ans. C’est la relation amicale entre son père Dave et David Beaudin de l’Académie de judo qui l’a amené vers ce sport.

Chez les U16, moins 52 kg, il y a aussi la Septilienne Laurence Dubé qui prend place sur le podium. Tant à la Coupe Louis Page que Gadbois, c’est la médaille d’argent qui s’est retrouvée à son cou, résultat de combats perdus contre… Laurianne Rodgers. Une histoire de déjà vue chez les U18 entre Rodgers et Chiasson. À la Coupe Daniel Hardy, elle s’est classée cinquième.

Dubé, judoka de 14 ans qui parfait aussi son sport à l’IESI, a débuté cet art martial à 3 ans, en même temps que son frère. Lui a cessé la pratique du judo, « moi j’ai continué ».

Pour Maude Bouchard, c’est chez les U16, moins 70 kg, qu’elle s’illustre. À sa toute première compétition provinciale, le Québec Omnium du Québec, en novembre dernier, elle a été décorée du bronze. 

« Elle est passée de judokate récréative à compétitive en une fin de semaine. Le Québec Open l’a transformé », a mentionné le directeur technique de l’Académie, David Beaudin. 

Maude Bouchard, 13 ans, a remporté l’or à la Coupe Gadbois au début janvier et à la la Coupe Daniel Hardy, dimanche. Actuellement étudiante à l’école Jean-du-Nord, elle transitera vers l’IESI pour la prochaine rentrée scolaire.

Elle ne fait du judo que depuis trois ans. « C’est ma mère qui m’a inscrit pour que j’essaie et j’ai trouvé le bon sport », a dit celle qui joue aussi au volley avec le Husky au niveau scolaire.

Le directeur technique de l’Académie aimerait bien que Leiya, Laurianne et Laurence ne soient pas dans la même catégorie de poids, mais il y voit tout de même un avantage comme partenaires d’entraînement.

Il est ravi de voir les quatre filles de l’élite de l’Académie performer. 

« Elles sont super disciplinées, c’est ce qui les démarque », a-t-il souligné.