La centrale SM-3 pourrait devenir presque aussi puissante que Manic-5
Le projet de suréquipement de la centrale SM3 viendra accroître sa puissance. Photo Hydro-Québec
Hydro-Québec a pour projet d’augmenter la puissance de la centrale de Sainte-Marguerite 3 d’ici 2031 avec l’installation d’un troisième groupe turbine-alternateurs.
Construite à la fin des années 1990 et mise en service au début des années 2000, SM-3 est une centrale souterraine située au nord de Sept-Îles..
Actuellement, la centrale possède une puissance de 882 mégawatts. L’ajout d’un troisième groupe de 600 mégawatts amènerait la puissance à 1 482 mégawatts.
« C’est presque aussi puissant que la centrale de Manic-5 [1 596 MW] et que l’ensemble des quatre centrales du complexe la Romaine [1 550 MW] », affirme Nadine Cousineau, cheffe de projets de production pour Hydro-Québec.
L’augmentation de la puissance de SM-3 permettrait de produire plus de puissance sur le réseau électrique, particulièrement lors des périodes de pointes, c’est-à-dire lors des grands froids.
L’énergie produite à la centrale resterait la même à la centrale, malgré l’ajout d’une nouvelle turbine.
« L’énergie correspond à l’eau dans le réservoir. L’énergie produite annuellement sera la même. Par contre, le troisième groupe ajoute de la puissance et va nous permettre d’alimenter plus de foyers au même moment », précise Mme Cousineau.
SM-3 sera particulièrement sollicité lors des périodes de pointes qui sont de novembre à mars.
Ce projet s’inscrit dans le cadre du Plan d’action 2035 d’Hydro-Québec. La société d’État a pour objectif de hausser de la puissance des centrales existantes, dans le but d’augmenter de 2 000 MW leur capacité de production hydroélectrique.
Le coût du projet reste à définir, mais il devrait avoisiner dans les centaines de millions de dollars.

Chantier
Selon l’échéancier d’Hydro-Québec, les travaux devraient se dérouler à partir de 2028 jusqu’à 2031.
Bien que la centrale SM-3 a été bâtie pour accueillir un troisième groupe turbine-alternateur, il s’agit tout de même d’un chantier complexe.
Il y aura un défi de coordination des activités parce que la centrale ne peut être arrêtée pendant l’ensemble de la durée des travaux. Un arrêt complet de SM-3 d’une douzaine de semaines est tout de même prévu.
Le transport des composantes sera aussi un défi.
« Les pièces sont tellement grosses et lourdes que ça nous demande une logistique particulière en raison de l’éloignement de la centrale. On a déjà des équipes spécialisées qui regardent ces détails pour trouver les meilleures stratégies », affirme Philippe Messier, ingénieur en gestion de projets pour Hydro-Québec.
À titre d’exemple, un robinet sphérique, une pièce qui sert de vanne de sécurité et de contrôle, pèse plus de 100 tonnes.

Entre 150 et 400 travailleurs seront requis lors des différentes étapes du projet. Initialement, l’aménagement de SM-3 dans les années 1990 avait nécessité 2 000 travailleurs.
Études environnementales
Dans le cadre du projet, Hydro-Québec devra déposer une étude d’impact dans le cadre de la procédure d’évaluation du gouvernement du Québec. Cela devrait être fait à l’été 2026. C’est par la suite qu’on saura si la tenue d’un BAPE est nécessaire.
L’ajout d’une turbine à SM-3 ne viendra pas modifier le réservoir et il n’y a aucune dérivation de rivière de prévue.
L’enjeu principal pour dans le cadre de l’étude environnementale est le changement projeté d’exploitation de la centrale. Avec une troisième turbine, il y aura plus d’eau qui pourra être utilisée par les installations dans un même laps de temps. Cela veut donc dire qu’il y aura un plus grand débit d’eau de relâché dans la rivière Sainte-Marguerite à certains moments.
« On veut modéliser l’effet de ces débits sur tout le parcours de la Sainte-Marguerite. On veut voir si cela cause des enjeux sur le régime des glaces, sur la stabilité des rives ou sur l’habitat des poissons », explique Amélie Côté Bhérer, chargée de projets en environnement pour Hydro-Québec.
Des activités de consultations auprès de la population sont présentement menées. Une journée portes ouvertes pour le grand public se tiendra le mercredi 11 février 2026, de 9 h à 19 h, au Centre des congrès de Sept-Îles.
Hydro-Québec indique aussi avoir des discussions avec le conseil de Uashat mak Mani-utenam concernant ce projet.

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