Économie

Malgré les difficultés du milieu forestier, Port-Cartier garde le cap

Par Vincent Rioux-Berrouard 10:00 AM - 7 février 2026
Temps de lecture :

Gilles Couture, président de Développement économique Port-Cartier, Asmaa Essalhi, présidente de la Chambre de commerce de Port-Cartier, et Bernard Gauthier, directeur de Développement économique Port-Cartier. Photo Vincent Rioux-Berrouard

Les difficultés de l’industrie forestière auront marqué la dernière année au niveau économique à Port-Cartier, mais derrière les mauvaises nouvelles, les possibilités de développement restent grandes.

La semaine dernière, Bernard Gauthier et Gilles Couture, respectivement directeur général et président de Développement économique Port-Cartier, ont fait le point sur la situation économique de la ville. 

L’arrêt des opérations de la scierie Arbec ainsi que la suspension temporaire des activités de Carbonité ont retenu l’attention en 2025. Plus d’une centaine de travailleurs ont été impactés.

« Est-ce qu’on est à pleine voile, non. Mais est-ce que ça va relativement bien, oui. Il n’y a pas de crise majeure et on sent de la part des industriels qu’ils sont motivés à trouver des solutions », affirme Bernard Gauthier.

On met de l’avant les investissements majeurs qu’il y a eu dans les dernières années à Port-Cartier. L’organisme économique évalue qu’il y a eu des investissements d’un milliard via différents projets dans l’économie port-cartoise, depuis une décennie. On peut nommer des projets comme le parc éolien Apuiat, l’usine de boulets de broyage Black Pearls, ou le complexe intégré de Rémabec.

Dans les circonstances, l’année 2026 pourrait en être une de consolidation pour les entreprises de Port-Cartier, croit Gilles Couture. Il donne l’exemple de Carbonité qui ajustera son produit pour répondre aux besoins du marché.

Des opportunités

Dans cette nouvelle économie qui se met en place avec les changements causés par le voisin américain, Port-Cartier a des atouts qui lui permettront de se démarquer.

Son positionnement géographique est favorable, en raison de son accès aux voies maritimes. Port-Cartier pourrait devenir un exportateur de nouveaux produits.

« Des produits à valeur ajoutée comme des boulets de broyage, produit par Black Pearls, ça peut bien voyager. Il y a une valeur suffisante pour mettre cela dans un bateau et l’envoyer partout dans le monde. Même chose pour le biochar », explique Gilles Couture.

Pour les deux hommes, Port-Cartier est bien positionnée dans une économie qui vise la décarbonation. Deux vitrines technologiques sont dans la ville avec Bioénergie Æ Côte-Nord et Carbonité.

« Ce sont deux bancs d’essai très intéressants… ce sont des opportunités d’affaires qui se passent au niveau de la décarbonation », affirme M. Gauthier.

Les deux entreprises utilisent le bois pour en faire un produit avec une valeur ajoutée. Pour Bioénergie Æ Côte-Nord, il s’agit de biocarburant, tandis que Carbonité produit du biochar.

Un autre atout de développement économique intéressant pour la région concerne la capacité du réseau électrique. En 2025, Hydro-Québec a révélé que pour la zone de Sept-Îles, qui comprend Port-Cartier, il y avait une capacité de 150 mégawatts pour le raccordement de projets industriels. À titre de comparaison, un projet d’usine comme celui de Black Pearls a demandé 8 mégawatts.

En connaissant cette capacité, les entreprises de la région et les organismes de développement économique seront en mesure de réaliser des projets.

« C’est grâce à l’énergie qu’on réussit à développer une collectivité », affirme Bernard Gauthier.

Transports

Parmi les projets futurs pour Port-Cartier, le développement d’infrastructures de transport est à l’étude. On pense notamment à l’aménagement d’un débarcadère-rail au quai municipal de Port-Cartier. Ce projet, dans les cartons depuis des décennies, a été relancé par la Société du port ferroviaire de Port-Cartier en 2024.

Le débarcadère-rail permettrait de relier Port-Cartier au réseau ferroviaire du Canadian National à Matane et ainsi, favoriser le transport par wagon.

« La Côte-Nord est la seule région au Québec qui n’est pas relié par rail directement », explique M. Gauthier.

Pour lui, ce projet est justifié. Le volume d’extrants, mais aussi d’intrants avec le matériel pour les minières rend ce projet intéressant.

Des études sont en cours pour évaluer les coûts et les scénarios pour l’aménagement d’un débarcadère-rail au quai municipal de Port-Cartier.

L’idée d’améliorer le réseau de rails dans le parc industriel fait également partie des possibilités.

« Si on veut être efficace, il faut se munir d’infrastructure de classe mondiale », dit Bernard Gauthier.

S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires