NCAA : Poirier ne regrette pas son choix

Par Karianne Nepton-Philippe 12:00 PM - 3 février 2026
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Justin Poirier évolue avec les Black Bears de l'Université du Maine dans la NCAA. Photo Anthony DelMonaco

Avec le recul, Justin Poirier ne regrette en rien sa décision d’avoir tenté le pari de la NCAA. Aujourd’hui dans la course pour le trophée remis au meilleur joueur collégial, il gagne en maturité autant dans son jeu que dans sa vie de tous les jours.

« Il y a eu beaucoup de changements à faire, autant au niveau hockey que dans la vie au quotidien », confie d’entrée de jeu Justin Poirier en entrevue avec Le Manic

Celui qui porte aujourd’hui le numéro 93 pour l’Université du Maine raconte avoir laissé derrière la vie de famille de pension et de bons liens établis dans une communauté pour la vie en appartement. 

« J’ai passé mes trois belles années à Baie-Comeau avec la même famille de pension, avec qui j’ai encore un très bon contact. Présentement, je vis seul. C’est un gros changement de vie. J’ai l’université en anglais aussi », lance-t-il. 

Il ne regarde pas en arrière, ne serait-ce que pour remercier l’organisation du Drakkar et se remémorer ses bons souvenirs. Il voit cette opportunité comme un « parfait entre-deux entre la ligue junior et la ligue américaine » et se voit grandir et évoluer dans un autre calibre. 

« Tout va à la vitesse grand V aussi », laisse-t-il tomber, alors qu’il parle de la place qu’il prend peu à peu au sein de sa nouvelle équipe. « Veut, veut pas, quand tu arrives comme freshman, même si j’ai 19 ans, je retombe recrue », note le hockeyeur.

Faire sa marque

On ne peut pas dire que Justin Poirier passe inaperçu. Avec un tour du chapeau, rien de moins, lors de son tout premier match, il n’a pas mis de temps à se faire remarquer.

Depuis l’automne, les honneurs s’accumulent, les uns après les autres. Il y a eu le titre de recrue de la semaine Hockey East dès sa première semaine en octobre. Ensuite, dans le même mois, il a été recrue de la semaine et recrue du mois Hockey East.

« Mes efforts sont reconnus, mais le travail continue », laisse-t-il tomber, concentré, fidèle à soi-même. 

Sa plus récente nomination : le prix Hobey Baker Memorial Award, qui est remis au meilleur joueur de hockey collégial de sa division. Un vote se déroule jusqu’au 8 mars. 

Pour en ajouter, notons que le joueur de 19 ans est au sommet des buteurs. Au moment d’écrire ces lignes, sur 25 matchs, il compte 17 buts et 11 mentions d’aides. Il mène aussi au niveau des points et pour les tirs au but.

Auteur de 17 buts à ses 19 premiers matchs, Justin Poirier est le premier joueur de Division I du circuit collégial américain à connaître un tel départ depuis 2005-2006.

Il arrive deuxième pour les mentions d’aide. « Quand tu arrives, il faut faire ta place. L’entraîneur te connaît un peu, mais sans plus, et tu dois prouver ce que tu es capable de faire », glisse l’ancien Viking. 

Une décision pour son jeu

« Je pense qu’avec le début de saison que je connais, j’ai prouvé que j’étais capable d’être un bon joueur offensif dans cette ligue-là aussi. Ensuite, je dois travailler et prouver mon potentiel défensif », remarque Justin Poirier. 

C’est d’ailleurs ce sur quoi il travaillait déjà dans la LHJMQ. Cette pensée l’amène à parler du moment où il a pris la décision de quitter le Drakkar pour les États-Unis. 

« Tout ça remonte à mon année de 18 ans avec le Drakkar, quand la règle est sortie, se remémore-t-il. Tout au long de la saison, je n’avais qu’une seule idée dans ma tête, d’aller chercher la coupe à Baie-Comeau. »

Toutefois, les appels ont commencé à s’enchaîner lorsque la règle d’échange avec les collèges américains est apparue.

« Quand ils m’ont contacté pendant la saison, je refusais les appels. Mon mindset était vraiment avec le Drakkar, je voulais terminer ma saison avec le Drakkar. Après l’élimination face aux Wilcats l’an dernier, mon agent a reçu d’autres appels concernant les équipes. C’est là qu’on a commencé à en parler un peu plus », raconte-t-il. 

L’organisation des Hurricanes est aussi entrée en jeu. Rappelons que Justin Poirier été repêché par les Hurricanes de la Caroline en cinquième ronde lors du repêchage de la LNH en 2024.

« C’est sûr qu’en étant un joueur de 19 ans, j’aurais pu retourner avec le Drakkar. Et prendre cette grosse décision-là, je me suis senti mal, si je peux le dire comme ça. En fait, je laissais un peu mes coéquipiers tomber. Tu sais, le Drakkar ne recevait rien en retour », confie-t-il. 

« Le Drakkar aura toujours une place spéciale pour moi », admet-il ensuite, alors qu’il avoue souvent regarder les matchs à distance sur le web. 

Si c’était à refaire, il reprendrait la même décision. Alors que son objectif est de devenir un joueur de hockey professionnel, que ce soit dans la ligue américaine, en Europe ou dans la ligue nationale, c’était pour lui le chemin à prendre. 

Il mentionne avoir toujours été étiqueté comme un bon joueur offensif et un bon marqueur. C’est au niveau défensif qu’il doit s’améliorer. « Mes trois années avec Jean-François Grégoire, on a travaillé là-dessus. C’est encore mon mandat de travailler sur mon jeu défensif et de m’améliorer comme joueur entier », indique-t-il. 

« Au final, j’ai passé mes trois plus belles années de hockey à Baie-Comeau, ma famille de pension, le soutien incroyable, les partisans et les nouveaux amis à qui je parle encore. »

Justin Poirier suit encore le Drakkar. Photo Kanishko

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