L’ancienne usine de bouletage de Wabush sera démantelée 

Par Emy-Jane Déry 5:30 AM - 28 janvier 2026
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Initialement, Champion Iron espérait pouvoir récupérer certains éléments de l'usine, dont les broyeurs. L'objectif était aussi que l'usine soit alimentée par une énergie verte. Photo courtoisie

Le Nord-Côtier a appris que l’ancienne usine de bouletage de Cliffs Mine Wabush, aujourd’hui propriété de Champion Iron, sera démantelée à Pointe-Noire.  

« L’usine de bouletage doit être démantelée, ce qui nécessitera l’obtention de permis », a confirmé Noémie Prégent-Charlebois, directrice principale des communications et affaires gouvernementales chez Minerai de fer Québec, filiale de Champion Iron. « Nous évaluons actuellement différentes opportunités de croissance, dont celle du bouletage à froid qui pourrait se faire dans une nouvelle installation », a-t-elle révélé.  

Champion Iron a acheté l’usine à la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire (SFPPN) en 2022, pour la somme de 2,5 M$. La Société en était devenue propriétaire en marge de la faillite de Cliffs ressources naturelles. 

L’usine construite en 1965 avait cessé ses opérations en juin 2013. Devant des coûts d’exploitation trop élevés, la minière américaine avait mis la clé dans la porte, entraînant la perte de plus de 160 emplois à l’époque. 

Au moment de l’achat, Champion Iron envisageait la relance de l’usine. Un protocole d’entente avait été signé avec « un aciériste d’envergure internationale », pour qu’une étude de faisabilité sur le projet soit réalisée. On espérait la relance autour de 2025. 

L’ancienne usine de bouletage de Wabush, située sur le site de la SFPPN. Photo archives, Alexandre Caputo

Or, les plans ont changé. Selon nos informations, les résultats de l’étude auraient démontré qu’il serait plus viable d’exploiter une nouvelle installation sur le site, qui demeure un endroit clé. 

« Nous avons toujours indiqué qu’une remise en service nécessiterait d’importants investissements pour y intégrer les technologies les plus efficaces », a indiqué Mme Prégent-Charlebois. 

Le procédé de bouletage à froid vers lequel Minerai de Fer Québec aimerait se tourner serait moins polluant. 

« Cette technologie, qui élimine les procédés de frittage ou de bouletage à haute température, permet de réduire de façon significative la consommation d’énergie et jusqu’à 90 % des émissions de CO₂ par rapport aux méthodes traditionnelles », fait valoir Mme Prégent-Charlebois. « Les boulettes produites pourraient ensuite être utilisées directement dans la fabrication d’acier à faibles émissions. »

Par ailleurs Champion Iron et sa filiale québécoise de Minerai de fer Québec envisagent plusieurs autres opportunités de croissance. En décembre, une offre publique de rachat pour l’acquisition de Rana Gruber, un important producteur de minerai de fer à haute teneur en Norvège, a été annoncée. 

D’ici la fin de l’année, l’étude de faisabilité définitive du projet Kami à Labrador West devrait être complétée. Avec ses partenaires japonais Nippon Steel Corporation et Sojitz Corporation, Champion Iron y lorgne un investissement de 4 milliards de dollars visant l’exploitation d’un nouveau gisement de minerai fer à quelques kilomètres de la mine du Lac Bloom.

Pendant ce temps, les premières expéditions commerciales du projet RDPB (réduction directe pour bouletage) sont prévues d’ici la fin du premier semestre de l’année. Un investissement de 500M$ a permis de moderniser et d’adapter les installations de la mine du Lac Bloom pour produire du minerai de fer d’une teneur allant jusqu’à 69 % Fe, soit un des plus purs au monde.

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