Ski de fond à Sept-Îles : les bénévoles souhaitent un engagement soutenu de la Ville

Par Edmond Sauvé 3:24 PM - 22 janvier 2026
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Les sentiers du club de ski de fond Rapido à Sept-Îles vu des airs. Photo Tipou Production

Les bénévoles de deux des trois plus importants sites de ski de fond de Sept-Îles déplorent le manque de volonté de la Ville à les soutenir. Et ils veulent reconstruire le chalet du club Rapido, qui attirait jusqu’à 2000 personnes par an.

Non seulement Réjean Lebel consacre-t-il une bonne partie de ses temps libres à entretenir la piste de la plage Ferguson, à Sept-Îles, mais toutes ses demandes d’aide à la Ville sont restées sans réponse.

« Je trouve cela dommage, car en plus d’être bénévole, je dois payer l’essence et des outils de ma poche », déplore-t-il en entrevue au Nord-Côtier.

Située au nord de l’intersection entre la route 138 et la rue Ferco, cette piste d’une longueur de cinq kilomètres tout en vallons et en crêtes est un secret bien gardé des habitants du secteur des plages. M. Lebel, un retraité qui soufflera bientôt sa soixante-dixième bougie, se donne corps et âme pour que les usagers puissent emprunter le sentier. Lui-même n’a plus le temps d’y skier, tant l’entretien lui demande du temps.

Il n’est pas le seul à s’attrister de l’indifférence des élus municipaux face aux besoins bien modestes des fondeurs du dimanche. Mario Landry, président du Club de ski de fond Rapido qui compte une dizaine de bénévoles, trouve que Sept-Îles manque une bonne occasion de mettre en valeur une de ses forces récréotouristiques.

« Le quadruple olympien Pierre Harvey m’a dit en 2024 que nos pistes étaient parmi les plus belles au Québec ».

Des skieurs s’élancent dans le dernier droit de la piste du Club de ski de fond Rapido qui atteint l’entrée principale. Photo Edmond Sauvé

Reconstruire le chalet

Même si chaque année, près de 300 fondeurs se procurent un laissez-passer saisonnier, le Club de ski de fond Rapido n’est plus l’ombre de ce qu’il a déjà été.

« Quand il y avait un chalet sur le site, le Rapido était un véritable pôle social, attirant 2000 skieurs réguliers par hiver », explique Mario Landry au Nord-Côtier. Détruit en 2014, le chalet devait être rebâti dans les années suivantes, en partenariat avec la Ville.  « Les discussions ont longtemps été au point mort  », résume M. Landry.

Une lueur d’espoir : la nouvelle administration de la Ville vient tout juste d’avoir une rencontre avec les membres du conseil d’administration du Club pour relancer le projet. Bien que la Ville ait fait preuve d’une « bonne écoute » selon M. Landry, aucun échéancier ni budget n’ont été fixés.

Contactée à ce sujet, la directrice du Service des loisirs et de la culture Noémie Gauthier assure que la Ville est « en mode action ».

Elle explique que le programme des dépenses en immobilisations (PDI), qui planifie les grands projets municipaux pour la décennie à venir, n’a toujours pas été voté. Selon Mme Gauthier, « le projet du chalet est dans la mire des conseillers municipaux ». Toutefois, aucune aide pécuniaire n’est planifiée pour l’entretien du sentier des plages. 

Le cas du parc Holliday

En plein cœur du quartier résidentiel de Sainte-Famille, le parc Holliday fait lui aussi le bonheur des fondeurs septiliens. Cependant, l’entretien de ce parcours de quatre kilomètres ne relève pas du bénévolat des usagers. Depuis huit ans, la Ville confie la tâche à Jacques Thériault, un retraité passionné de motoneige. Il dédie environ vingt heures par semaine, inégalement distribuées durant l’hiver, à cette besogne rémunérée. Son travail est exigeant ; le lendemain d’une tempête, il doit se lever à l’aurore à des températures glaciales. Il reste toutefois motivé pour poursuivre l’entretien des pistes.

« Je sens que les gens me remercient sincèrement », relate-t-il.