Le boucher sur les planches

Par Nadia Dorval 11:45 AM - 14 janvier 2026
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Giovanni « Johnny » Stea lors du spectacle La mélodie du bonheur de la Troupe du Masque d'Or en 2013. Photo courtoisie

« Il aimait jouer, partager avec les gens, il avait le goût de l’aventure, de la découverte, il s’intéressait aux autres et aimait les taquiner à l’occasion », raconte Michel Pelletier, directeur artistique de la Troupe du Masque d’Or.

En plus de manier les couteaux et les épices de boucher à la perfection, M. Stea s’impliquait dans sa communauté, en autres avec les Chevaliers de Colomb et la troupe du Masque d’Or. Il y a chanté en tant que ténor durant 22 ans. Son premier rôle a été celui d’un chef cuisinier dans la toute première production de la troupe, La petite sirène, présentée en 1993, à l’ouverture de la Salle Jean-Marc-Dion.

Michel Pelletier se souvient à quel point Giovanni Stea était quelqu’un de rassembleur.

« C’était un bon vivant, quelqu’un qui était passionné. Il avait à cœur de livrer une belle performance et que tout le monde réussisse aussi », dit-il.

Giovanni « Johnny » Stea recevant des fleurs, lors du spectacle Voix âge celtique de la Troupe du Masque d’Or en 2014. Photo courtoisie

Michel Pelletier témoigne lui aussi du grand attachement qu’avait Giovanni pour le bâtiment qui abritait la boucherie jusqu’en 2014.

« Durant la COVID, j’étais l’un des seuls, pour ne pas dire le seul, qui allait le visiter à l’occasion dans son commerce. Il n’y avait plus personne qui allait là, mais lui, il allait là en après-midi, se reposer », se souvient M. Pelletier.

Le ténor italien adorait chanter, autant sur scène que durant les rassemblements familiaux, selon sa fille Rose-Marie Stea. Elle a encore en main une vidéo d’une fête familiale, où on voit son père avec un petit-enfant sur les genoux chanter une histoire loufoque en italien.

Le côté créatif de M. Stea prenait aussi vie à la boucherie.

« Quand il faisait ses rôties de viande, il coupait des carottes, puis il me faisait faire des dessins avec le gras sur le rôti, avec des bouts de carottes en fleurs », se souvient Mme Stea. « Quand c’était les Fêtes, c’était plus joli. Il était bien fier de placer son présentoir. »

Johnny était également un passionné d’horticulture. En plus de la cour arrière de sa maison remplie d’arbres fruitiers, la boucherie était aussi tapissée de verdure.

« Il y avait des plantes partout, c’était quasiment fatigant, il fallait aller arroser tout ça », s’exclame en riant Rose-Marie Stea. « Les arbres et les plantes, c’était quelque chose qu’il aimait beaucoup. Mais sa vraie passion, c’était ses petits-enfants. Papi, c’est le trésor. »

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