La petite histoire des Alouettes, la grande histoire de la boucherie

Par Nadia Dorval 8:00 AM - 14 janvier 2026
Temps de lecture :

Giovanni (Johnny) Stea dans sa boucherie. Photo courtoisie

Les fameuses Alouettes de viande ne tirent pas leur nom de l’aluminerie, mais bien d’une canne de tabac vendue à l’époque à la Boucherie Alouettes Johnny Stea. 

« J’ai vu des clients venir juste pour placoter », se rappelle Rose-Marie Stea, fille de Giovanni et ancienne employée de la Boucherie Alouettes Johnny Stea. Les clients devenus des amis arrivaient pour la pause d’après-midi. Lucia, l’épouse de Johnny, sortait dans l’arrière-boutique des dragées ou du gâteau ainsi que du café. Ce n’était plus de la viande qu’on servait, on créait des liens humains.

La boucherie de Giovanni « Johnny » Stea fut une véritable institution à Sept-Îles. Mise sur pied et opérée durant près de 57 ans, le commerce a marqué autant l’imaginaire que les papilles gustatives de ses clients.

« C’est ça qui a marqué toute l’aventure », dit Rose-Marie Stea.

La qualité des produits à la boucherie était une priorité pour Giovanni, qui n’hésitait pas retourner une commande de viande non satisfaisante à ses yeux. Parmi les produits iconiques de la boucherie, on se souvient des poitrines de poulet farcies, des saucisses et des fameuses Alouettes.

L’inspiration pour créer ces dernières est venue à Giovanni en cuisinant avec son beau-frère.

« C’est Vito qui a commencé à faire des braccioles1. Il coupait un petit morceau par là, puis un petit morceau par ici », raconte son épouse, Lucia Stea-Chimienti.

Giovanni voulait se distinguer des autres commerces. Il a donc voulu créer des produits exclusifs à sa boucherie. Il pensait aux gens qui travaillaient fort, au froid et qui avaient besoin d’énergie, c’est pourquoi il a ajouté du bacon autour des Alouettes.

« Avant, ils vendaient des paquets de cigarettes et du tabac à la boucherie. Il y avait une canne de tabac qui s’appelait alouette, c’est donc devenu le nom des petits rouleaux de viande », renchérit Rose-Marie Stea.

Outre les alouettes, la viande hachée était aussi très prisée par les restaurants et les clients.

« Parce que ça ne venait pas de restants. Oui, dans un sens, mais c’était des beaux restants. C’était les restants d’alouettes. Les morceaux qu’on enlevait pour faire l’alouette », explique sa fille.

Giovanni (Johnny) avec un paquet des fameuses alouettes et Lucia Stea dans la boucherie familiale. Photo courtoisie

Pas de cours de cuisine

Giovanni Stea avait une facilité pour créer des produits goûteux.

« Il avait un don pour la nourriture, les épices, le goût. Il n’a jamais pas eu de cours de cuisine [uniquement un cours de boucherie] », dit Rose-Marie Stea. « Je me souviens d’un été où il se décide à faire des ailes de poulet marinées pour le barbecue. Il s’est tanné d’en faire, parce que c’est devenu hyper populaire », rigole-t-elle.

Les produits créés par Giovanni Stea ont été si populaires, qu’encore aujourd’hui, il est possible d’en acheter dans différents points de vente. Les recettes de l’homme d’affaires italien ont été vendues à un couple septilien en 2017, qui opère encore aujourd’hui la boucherie Charcuterie Alouette Johnny Stea sur la rue Gamache.

1Le braccioles est un mets traditionnel italien, il s’agit de rouleaux de viande farcis avec des fromages et des fines herbes et cuits longuement dans la sauce tomate.