Si ma plume se laissait guider par cette année folle, à peine fermée, où l’ambition monarchique d’un seul homme, narcissique de surcroit, nous a replongés au Moyen Âge, où l’extrême droite est sortie de sa marginalité et aspire désormais au pouvoir un peu partout dans le monde, sans doute que mon encre serait plus noire et assassine. Il y a de quoi pleurer sa vie. Mais la vie, c’est justement ça, des hauts et des bas et surtout un rappel constant à nos responsabilités. Ce qui se passe autour de nous, n’appartient pas aux autres, c’est le reflet tantôt de notre implication, mais souvent de notre indifférence. Tant et aussi longtemps que nous pourrons influencer le cours des choses, que nous aurons cette liberté, il y aura de l’espoir, un peu de lumière au bout du tunnel.
C’est aussi ce qu’évoque pour moi le temps des fêtes ; une pause, une occasion de saisir toute cette lumière et de s’en imprégner, faisant le plus beau pied de nez à cette indifférence portée par ceux qui cherchent à nous diviser. En 2025 le mot d’ordre est devenu la sécurité, plaçant l’armement au centre de nos priorités et comme par hasard, il s’agit de la première économie de nos voisins du sud. On est bien loin de l’esprit de Noël. C’est lorsqu’on crée des fossés qu’il y a quelque chose à protéger.
L’avenir de l’humanité passerait par l’armement vous croyez ? Ces centaines de milliards $$$ investis pour protéger l’homme de lui-même, que me voilà un brillant avenir ! Avec Trump, l’environnement et la santé ont rapidement pris le bord et donné le prétexte aux moins convaincus de mettre tout ça sur la voie de service. Désormais, c’est l’armée qui fera la lutte aux changements climatiques en distribuant les sacs de sable… nul doute, on évolue ! Pas sûr d’avoir en poche un souhait qui pourrait renverser cette lourde tendance.
Alors, je vais concentrer mes souhaits pour la santé, celle qu’on se souhaite à tous les ans. Ce n’est pas tout de la souhaiter, ce serait trop simple si ça ne tenait qu’à ça. Encore faut-il y voir et mettre les chances de notre côté, d’abord en s’assurant d’un minimum d’exercice quotidien et d’une meilleure alimentation, ce qui demande un peu d’efforts.
On va se le dire : bien assis dans le fauteuil toute à journée à aligner les calories, conduit à des effets assez prévisibles et mieux vaut prévoir un abonnement au réseau de la Santé. Je souhaite que la prévention regagne enfin ses lettres de noblesse. Plutôt que de se plaindre sur la prolifération des pistes cyclables, pourquoi ne pas les utiliser davantage.
Mais il y a aussi l’autre volet, ce réseau de santé bien mal en point qui aurait bien besoin d’un électrochoc. Un électrochoc qu’a tenté de donner le ministre Dubé, bien maladroitement, même si on lui prêtait de bonnes intentions. Le système a besoin d’une réelle réforme, à ne pas en douter, mais quand cesserons-nous d’attendre que la solution miracle arrive de l’extérieur pour plutôt mettre à contribution l’ensemble des acteurs : du préposé jusqu’au médecin, en passant par les représentants des patients et les syndicats. Il y a certainement là matière à pacte social. Indéniablement, la prévention doit faire partie de l’équation ; tout ce sucre à la portée de nos enfants qui bougent peu et qui développent nombre de maladies beaucoup trop jeunes.
Qui dit prévention dit aussi dépistage. Combien nous coûte un système de plus en plus axé sur l’intervention de dernière minute, ce que j’appellerais la gestion de crise, faute d’avoir accès à un médecin de famille pour faire un simple suivi et prévenir le pire.
Il y a énormément d’argent injecté dans la santé, mais combien coûte cette approche sans ambition ? Je nous souhaite plus de proactivité, de vision et de transparence, plutôt que ces grandes messes pour justifier l’injustifiable.
J’aurais pu intituler ce texte : pour mettre fin aux dérives, parce que l’espoir est encore d’actualité. Mais pour que cela demeure possible, il faut que le lien entre le peuple et ses dirigeants ne soit pas fragilisé.
Je nous souhaite donc pour 2026, que ce vent venu du sud s’essouffle, que les lieux d’échange regagnent en participation, que nos maisons d’enseignement misent davantage sur la philosophie pour favoriser les discussions et les réflexions et que nos leaders proposent et consultent plus qu’ils ne dénoncent.
Bref, je nous souhaite de réapprendre la démocratie, celle qui sert le peuple et non ce 1 % qui n’en a jamais assez.
En route pour cette nouvelle année !
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