La musique a souvent ce pouvoir de rassembler
les gens. C’est ce qui s’est passé pour trois jeunes septiliens, alors qu’à l’adolescence, ils ont plongé dans l’univers
des disques en format vinyles.
Jean-Philip Grenier, Félix Jean et Francis de Champlain ont 16 ans en 2009. Chaque jeudi, ils se rendent au chalet des parents de Jean-Phillip. Puis un jour, dans le sous-sol du chalet, les trois amis découvrent la collection de disques vinyle du paternel : c’est une révélation pour eux !
« C’est vraiment avec les vinyles que j’ai découvert la musique », explique Jean-Phillip Grenier. « On a toujours tripé un peu aussi sur les vieux Woodstock et toute cette musique-là, mais je n’écoutais pas tellement de musique. »
Les vieux albums, accumulant jadis la poussière, lui ont vraiment permis d’élargir ses horizons.
La collection est soudainement revenue à la vie, alors que même le père de Jean-Phillip, Serge, s’est retrouvé lui aussi contaminé par la passion des trois adolescents.
« À travers nous, qui commençait à ressortir sa vieille collection », dit Jean-Phillip.
« C’est Serge, son père, qui nous a vraiment initiés », ajoute Francis de Champlain.
Jean-Phillip Grenier garde d’excellents souvenirs des séances d’écoutes musicales au chalet, qu’il qualifie de « rituel ».
« On se levait, on mettait ça sur la table, tu passes la brosse, tu mets ton disque pis tu ne pèses pas sur skip », illustre Jean-Phillip.
Ce rituel, son ami Francis le perpétue encore aujourd’hui chez lui, près de 16 ans plus tard. L’écoute de ce format oblige à un temps de pause, croit-il.
« Quand je mets un vinyle, c’est pour l’écouter vraiment », dit Francis de Champlain. « Je m’assois et c’est une écoute attentive. Je ne vais pas le partir et aller faire la vaisselle, pour moi, en tout cas c’est comme ça. »
Pour Jean-Phillp, l’écoute de disques vinyle vient aussi avec un aspect visuel et artistique, qu’il retrouve en contemplant les pochettes.
« T’as vraiment un 12 pouces par 12 pouces, t’as une pièce, t’as des œuvres d’art, c’était ça qui était le fun, de choisir ses disques en fonction de l’image », dit-il.
Il y a aussi la qualité sonore qui se démarque comparativement aux autres formats.
« C’est surtout le côté du son qui est riche et chaleureux, la table tournante qui est analogue. Tu le sens que c’est comme une présence vivante », décrit M. de Champlain. « N’importe quel audiophile pourrait le dire, c’est tough à battre, mettons. »
La passion des trois amis ne se limite pas au chalet. Pendant quelques années, ils se sont organisé des road trips à Québec pour aller enrichir leur collection dans des foires de disques.
« On montait à Québec à trois gars, quatre gars puis on allait s’acheter des disques. Puis là-bas, c’était vraiment immense. T’avais des tables un peu partout », dit M. Grenier.
Ce dernier aimerait reproduire ce concept à Sept-Îles. Il caresse le désir d’organiser un événement spontané dans sa boutique, Tipou Productions. Ce serait une petite foire du disque.
« Je n’en ai pas parlé encore avant, mais justement, vu que moi j’ai plusieurs disques, mon père en a, mes chums en ont… on tasse tout ce qui est dans ma shop, puis on met des tables un peu partout », rêvasse-t-il.
Une cargaison de Baie-Comeau
L’amour pour les disques vinyle rime souvent avec collection. Pour la bande d’amis, accumuler des disques est devenu une passion. Encore à ce jour, certains d’entre eux en possèdent jusqu’à 3 500. Pour agrémenter leur collection, le groupe a mis la main sur une collection de 1 800 vinyles qu’ils sont allés chercher à Baie-Comeau, au début des années 2010.
« Mon père y est allé. Il avait ouvert une boîte, puis il avait checké un peu. Il a vu genre Pink Floyd, The Beatles, The Rolling Stones, puis des disques un peu plus rares, que tu vois que c’est des impressions, par exemple, d’Allemagne », rapporte Jean-Phillip Grenier.

« Tout ce qui était éditions différentes, je les collectionnais. Ça fait que j’ai cinq fois le même disque, mais qu’il vient de cinq pays différents », dit-il. « Puis, dans cette batch là, il y en avait énormément. »
Les collectionneurs passionnés ont dû faire deux à trois aller-retour pour aller récupérer la précieuse cargaison. Une fois le tout rapatrié au chalet, quartier général des vinyles, c’est là qu’ils ont procédé au partage des disques.
« Des vinyles rares de même, tu en vois des fois, quand t’es chanceux, deux à trois dans une collection. Mais là, c’était juste des bons disques. Boîte après boîte, on trouvait des perles », explique M. Grenier.

Par où commencer ?
La passion des vinyles est loin de s’essouffler. Selon les résultats d’un rapport de l’Observatoire de la culture et des communications paru en août dernier, les ventes de disques vinyle poursuivent leur hausse, dans un marché en baisse. Les ventes de 2024 ont augmenté de 23 % par rapport à 2023. Tandis que les disques compacts ont connu une baisse de vente de 26 %. On ne peut nier que l’engouement pour ce type de support sonore continue son ascension.
Par où commencer lorsque l’on veut se lancer dans le monde des disques vinyle ? Selon Francis de Champlain, il peut être intéressant de regarder sur internet si des gens vendent leurs collections.
« À Sept-Îles, ce n’est pas évident d’en acheter. Il faut vraiment que tu connaisses des gens. Mais il y a moyen de commencer facilement, d’aller acheter un lot de vinyles, d’acheter une petite table tournante pas trop cher et de commencer comme ça », explique-t-il.
Il souligne aussi l’importance de la qualité de l’aiguille, premier point de contact avec le vinyle.
« Si tu t’achètes de beaux disques et que tu as une aiguille amochée, qui est finie, tu vas maganer tes disques, si elle n’est pas bien ajustée aussi. »
Francis de Champlain possède une collection qui vient d’atteindre la barre des 450 disques. Avoir une grande collection demande aussi de s’en occuper, afin qu’elle reste en bon état.
« Je mets tous les disques dans des sleeves en plastique, pour les protéger des pochettes en partant, puis les entreposer debout. Ça, c’est déjà primordial », note Francis de Champlain. « Souvent, les gens les laissent comme en piles, un par-dessus l’autre, en tour. Le poids, ça va finir par déformer les disques plus bas dans l’étage. C’est pas bon », ajoute-t-il.
Les suggestions de Francis
Son album préféré : The Dark Side of the Moon de Pink Floyd
Son album québécois préféré : Les Cinq Saisons d’Harmonium
Son dernier coup de cœur : Billy Strings — Highway Prayers
Son album de Noël favori : Christmas with Chet Atkins
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