Personnalité de l’année | Un président d’Alouette fièrement septilien
Claude Gosselin, président et chef de la direction d'Aluminerie Alouette, est l'une personnalités de l'année Photo Vincent Rioux-Berrouard
Affrontant des vents de face en provenance des États-Unis, le plus gros employeur privé de Sept-Îles aura su s’adapter et assurer son avenir sur le long terme. Claude Gosselin, président et chef de la direction d’Aluminerie Alouette, se souviendra de 2025.
Voilà maintenant près de cinq ans que Claude Gosselin tient le gouvernail d’Aluminerie Alouette. Son histoire avec cette entreprise est profonde. Il a débuté comme stagiaire à l’aluminerie et y a passé pratiquement la majorité de sa carrière professionnelle. Il a décidé de relever de nouveaux défis en 2015, mais est finalement revenu chez Alouette en 2021.
« Je n’aurais jamais pensé que je deviendrais le président d’Alouette, lorsque j’ai commencé en 1991, ou que je reviendrais comme président quand j’ai quitté en 2015 », affirme candidement Claude Gosselin.
Sa fierté est grande de diriger une telle entreprise, en raison de toute l’histoire qu’elle porte.
« Alouette est une entreprise qui est venue suite à la volonté de la communauté d’attirer une aluminerie et de diversifier l’économie de la région », rappelle-t-il.
La façon dont l’entreprise s’est implantée dans le milieu est importante pour lui. Il souligne que le fait que le siège social soit à Sept-Îles et que les dirigeants de l’usine vivent dans la communauté est extrêmement important.
« Les décisions se prennent ici à Sept-Îles. Il faut vivre dans la communauté et rencontrer les gens pour connaître les besoins. Il faut comprendre les dynamiques de la région, pour jouer notre rôle de citoyen corporatif », dit-il.
Pour lui, le succès de l’entreprise repose avant tout sur le travail de l’ensemble des employés de l’aluminerie.
« Oui, je suis le président, mais je suis à la tête d’une équipe extraordinaire qui fait du très bon travail à tous le jour », dit-il.
Turbulences et investissements
La dernière année aura été marquée par des « relations commerciales chaotiques », selon le président et chef de la direction d’Alouette. Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et son imposition de tarifs sur l’aluminium canadien auront forcé Alouette à s’adapter, tout au cours de l’année.
« Une nouvelle ère commerciale s’est mise en place. C’est une ère chaotique où les règles sont incertaines, parce que les ententes, traités et les façons de fonctionner depuis des années ont été subitement changées », explique M. Gosselin.
Il n’hésite pas à dire que l’économie mondiale traverse une période d’imprévisibilité extrêmement élevée, dont il n’a pas souvenir d’avoir connu, malgré sa grande expérience.
Dans tout ce qu’ils ont dû traverser au cours de la dernière année, il fait valoir la capacité des employés de l’Aluminerie Alouette à s’adapter. De nouveaux marchés à l’international, notamment en Europe, ont dû être trouvés rapidement.
Pour la prochaine année, le PDG s’attend à ce que Alouette vende son aluminium sur différent marché. En janvier 2025, 90 % de l’aluminium était vendu aux États-Unis. Cette proportion a diminué durant les douze derniers mois.
« En affaires, autant que tu as d’options, autant que tu as d’opportunités. Si tu n’as pas d’options, tu as moins d’opportunités et tu es plus vulnérable », dit-il.
L’année 2025 de Claude Gosselin aura aussi été marquée par une nouvelle entente avec le gouvernement du Québec, pour l’approvisionnement en électricité de l’aluminerie jusqu’en 2045. En même temps, Alouette s’est engagé à investir 1,5 G$ pour moderniser ses infrastructures à Sept-Îles.
« On a 20 ans d’approvisionnement énergétique d’assuré. Il s’agit du critère numéro un pour la mise en place d’investissements », dit Claude Gosselin.
Les investissements à venir permettront de rendre encore plus compétitives les opérations. La modernisation des installations tournera autour de l’automatisation, de l’innovation, ainsi que de la décarbonation.

Bien qu’il insiste sur le fait que cette entente n’est pas le fruit unique de son travail, il retire une grande fierté qu’elle ait été conclue sous sa gouverne.
« Quand j’ai commencé comme président en 2021, j’avais deux objectifs : laisser l’usine en santé avec une organisation solide et avoir un futur solide pour l’usine. Ces deux missions, et bien lorsque je vais quitter éventuellement, je vais être capable de dire que Aluminerie Alouette sera encore là pour des années et des années », affirme M. Gosselin.
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