Guylaine Caron

Innover constamment pour la sécurité alimentaire à Sept-Îles

Par Nadia Dorval , Nadia Dorval 11:45 AM - 1 janvier 2026
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La directrice du Comptoir alimentaire de Sept-Îles, Guylaine Caron. Photo Nadia Dorval

« On voit tellement de gens de notre clientèle partir les larmes aux yeux, les petits-enfants aussi tout émerveillés. Ça, ça nourrit au quotidien, tu te dis : wow, on fait du bien », affirme Guylaine Caron, qui après de nombreuses années passées à la tête du Comptoir alimentaire de Sept-Îles garde la même passion qu’à ses débuts, en 2012.

Mercredi 17 décembre, 9 h. Le rez-de-chaussée du Comptoir alimentaire de Sept-Îles grouille de bénévoles et d’employés qui s’activent à préparer les paniers de dépannages alimentaires. Ils seront distribués dans les prochains jours, juste à temps pour Noël. Parmi eux, Guylaine Caron, directrice générale de l’organisme, met la main à la pâte pour la production des paniers.

Après 13 ans à la tête de l’organisme, Mme Caron a encore tous pleins de projets pour le CASI. Le Comptoir alimentaire de Sept-Îles est d’ailleurs l’un de ceux qui fonctionnent le mieux dans la province. Tandis que d’autres se voient dans l’obligation de fermer leurs portes, faute d’aliments à offrir aux gens dans le besoin.

« Pour nous, oui, l’augmentation de la demande, c’est épouvantable, mais on a du stock à leur donner », dit Mme Caron.

Selon elle, si le CASI fonctionne bien, c’est grâce au travail d’équipe.

« Ce n’est pas rien que la directrice, c’est le CA, c’est toute l’équipe, c’est tous les bénévoles. C’est plein de monde, je pense, qui fait la réussite du comptoir alimentaire, la ville, les gens sont tellement généreux à Sept-Îles », dit la directrice.

Ce qui explique que le CASI, contrairement à d’autres comptoirs de dépannage alimentaire, a suffisamment d’aliments pour répondre à la demande, c’est le programme de récupération alimentaire créé en 2015.

« C’est extraordinaire. Ça a permis de doubler, même presque tripler l’aide alimentaire », explique Guylaine Caron.

C’est d’ailleurs l’un des projets duquel elle est la plus fière depuis son arrivée en poste.

« On a pu bonifier. Plus de légumes, un peu plus de tout, ce qui fait que maintenant, les aides sont beaucoup plus grosses », dit-elle.

Maintenant lorsque les gens viennent chercher leur panier mensuel, ils peuvent assurément avoir de la nourriture pour trois semaines, au moins.

Un prix pour souligner son travail

Mme Caron est très modeste, lorsque vient le temps de souligner son dévouement à la cause de l’insécurité alimentaire. Un travail que les Banques Alimentaires du Québec ont tenu à mettre de l’avant, en soumettant sa candidature pour la Médaille du couronnement du Roi Charles III. Médaille qu’elle a reçue en juin dernier.

« Ce prix-là, c’est tout le monde qui l’a gagné, là. Ce n’est pas que moi », dit-elle. « C’est sûr que ça fait quand même un bout de temps que je suis ici. Parce que souvent, justement, dans ce domaine-là, ça change beaucoup de sièges », ajoute-t-elle.

Sur le site du Gouverneur général du Canada, on indique que pour avoir droit à cette marque de distinction, une personne doit : avoir apporté une contribution importante au Canada, à une province, à un territoire, à une région ou à une collectivité au Canada.

Son plus grand défi

Faire de la récupération alimentaire apporte un heureux problème : le défi constant d’année en année de trouver de la place pour entreposer ces aliments-là, et ce, depuis 2015, année où le programme de récupération a été mis en place.

« On a construit, après la COVID, le frigo et le garage à l’extérieur. À l’intérieur de ça, tu as une grosse unité de réfrigération, une grosse unité de congélation. Ça, ça nous aide énormément. Mais là, on manque encore beaucoup, beaucoup de place pour les denrées », explique Guylaine Caron.

Pour pallier à ce défi, Mme Caron a déjà des solutions. Un agrandissement de l’organisme est en planification. Cet agrandissement leur permettra d’avoir plus de place pour entreposer les denrées et pour assurer la confidentialité entre les usagers du dépannage alimentaire. Un projet de frigo communautaire est également en cours de réalisation. Il permettra d’éviter de perdre les aliments provenant de la récupération alimentaire. 

« Tous les bacs de récupération, de tout ce qu’on récolte, rendu ici, c’est triés, il faut redistribuer dans les autres organismes. Alors ça, ça prend beaucoup de jus de bras qu’on n’a pas tout le temps », rapporte Guylaine Caron.

Le frigo communautaire permettra alors de mettre ces aliments à la disposition de la population et d’éviter de les perdre, lorsque l’organisme n’a pas le temps ou le personnel pour aller les redistribuer.

Son souhait pour 2026 serait que le projet d’agrandissement du CASI puisse aller de l’avant. 

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