Legault avoue que la démission de Dubé est un «autre coup difficile à encaisser»

Par Mathieu Paquette, La Presse Canadienne 8:46 AM - 19 décembre 2025
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Le premier ministre François Legault et Christian Dubé, qui était alors ministre de la Santé, se serrent la main à l'Assemblée nationale, à Québec, le jeudi 8 mai 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot

Le premier ministre François Legault reconnaît que la démission de son ministre de la Santé, Christian Dubé, est un «autre coup difficile à encaisser», mais il défend son intervention dans les négociations avec les médecins, plaidant que le temps était venu de conclure une entente.

M. Dubé a démissionné de manière fracassante jeudi, claquant du même souffle la porte du caucus de la Coalition avenir Québec, notamment en raison de la tournure qu’ont pris les négociations avec les médecins omnipraticiens.

M. Dubé a déploré que l’entente de principe conclue avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) «maintienne sensiblement le statu quo sur les enjeux de gouvernance» que sa loi 2 cherchait à réformer.

Vendredi matin, M. Legault s’est tourné une deuxième fois vers les réseaux sociaux pour réagir au départ de M. Dubé de son gouvernement. «Je respecte sa décision et j’ai accepté sa démission», a-t-il écrit.

Le premier ministre a toutefois défendu bec et ongles sa décision d’avoir personnellement «repris le contrôle» des négociations avec les médecins.

«Comme premier ministre, j’ai jugé que nous avions été assez loin et qu’il était temps de nous entendre avec les médecins pour éviter de détériorer le réseau de la santé», a-t-il soutenu.

Ne cachant pas que le départ de M. Dubé, un poids lourd de son gouvernement, est un «autre coup difficile à encaisser», M. Legault a affirmé que de telles situations viennent avec le rôle de premier ministre.

«Quand on est premier ministre, l’intérêt du Québec et des Québécois doit passer avant tout», a-t-il tranché.

«Christian a fait le choix de quitter, pour des raisons qui lui appartiennent. Malgré les circonstances de son départ, on ne doit pas occulter tous les changements positifs qu’il a faits comme ministre de la Santé», a-t-il ajouté.

Se concentrer sur l’essentiel

L’entente de principe conclue avec la FMOQ, qui doit toujours être entérinée par les médecins omnipraticiens, abandonnait des pans entiers de la controversée loi 2 de Christian Dubé, adoptée sous bâillon à l’Assemblée nationale.

Exit les pénalités liées à la performance et les pastilles de couleur. Le gouvernement abandonnait aussi son objectif d’affilier toute la population à un milieu de soins d’ici 2027, préconisant plutôt une cible de 500 000 patients d’ici la mi 2026.

Au moment d’annoncer sa démission, M. Dubé s’est dit «satisfait que le gouvernement soit parvenu à conclure une entente avec les médecins de famille», mais il a avoué être déçu que les dispositions visant à réformer la gouvernance aient été écartées.

Or, selon M. Legault, dans le contexte des négociations tendues avec les médecins, le gouvernement devait se concentrer sur les «changements importants qui devaient être faits pour améliorer les services aux citoyens».

«J’ai donc repris le contrôle des négociations avec les deux fédérations de médecins avec l’aide de (la présidente du Conseil du trésor) France-Élaine Duranceau», a souligné M. Legault.

Tout au long des négociations, M. Dubé a maintenu qu’il n’avait pas été «tassé» des discussions. Il était toutefois devenu clair, plus le temps avançait, que M. Legault et Mme Duranceau prenaient plus de place dans les négociations.

M. Dubé a indiqué qu’il demeurera député indépendant de La Prairie. Il avait déjà annoncé qu’il ne se représenterait pas au prochain scrutin, en 2026.

— Avec des informations de Caroline Plante

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