Longue-Pointe-de-Mingan : 30 mois de prison pour avoir défiguré un homme pour un chien
David Vibert à sa sortie de la salle de cours du palais de justice de Sept-Îles, le 17 décembre 2025. Photo Sylvain Turcotte
David Vibert est ressorti menotté du palais de justice de Sept-Îles, mercredi, après avoir reçu une sentence de 30 mois de prison pour avoir défiguré un voisin qui avait accidentellement heurté son chien en voiture.
En octobre 2022, Neil Scott roulait sur sa rue en direction du travail, quand un chien du voisinage est surgi de nulle part. Il l’a frappé avec sa voiture. Dans les instants suivant l’accident, il a été assailli de coups par David Vibert, le propriétaire de l’animal. Une des personnes témoin de la scène aurait rapporté entre 40 et 50 coups donnés au visage de Neil Scott.
La poursuite proposait entre trois et cinq ans d’emprisonnement pour David Vibert, coupable de voie de faits graves, en lien avec les événements. La défense parlait de sursis dans la collectivité.
Contents de la sentence
Ils étaient une douzaine de personnes dans la salle pour l’annonce du verdict, pour la plupart des proches de M. Scott, dont sa femme, Mona Vaillancourt.
Un grand soulagement a été ressenti au prononcé de la peine.
Au sortir de la salle, une d’entre elles a rapidement appelé Neil Scott, absent, pour lui faire part de la sentence.
« Il est content, parce qu’on avait peur. J’avais pas un bon feeling. J’étais sûre qu’il aurait eu la peine avec sursis. Mais d’avoir 30 mois ferme, ça fait notre affaire. J’espère qu’il va avoir le temps de penser aux vies qu’il a brisées, par exemple, parce que c’est une page de tournée, mais le mal est fait », a dit Mme Vaillancourt.
Avec ce que la défense demandait, l’entourage de la victime appréhendait un autre dénouement, quand amis et famille se sont présentés au palais de justice.
« Mais non, vraiment une bonne nouvelle. Ça fait qu’on est contents de le voir partir avec les menottes. C’est ça qu’il méritait. C’est tout ce qu’il méritait. Il aurait mérité plus, mais de toute façon, ce n’est pas le temps qui va changer les choses », a insisté Mme Vaillancourt.
Elle souhaite que David Vibert puisse penser à ce qu’il a fait lorsqu’il sera en prison.
« Ce n’est pas seulement mon conjoint qui est brisé, ni moi non plus, il y a d’autres vies qui ont été chambardées, qui ont été brisées. Ça fait qu’on va continuer d’avancer. On est fait fort. On est des tough. À Longue Pointe, c’est du monde qui sont tough », a-t-elle exprimé.
La peine maximale de 14 ans n’aurait pas « changé grand-chose », selon elle, sur le mal qui a été fait.
« Ça fait qu’un petit 30 mois en dedans, ça ne lui fera pas de tort », a-t-elle conclu.
La gravité des gestes
Dans le prononcé de sa décision, la juge Vicky Lapierre a notamment fait état des remords exprimés par David Vibert, ainsi que des conclusions des rapports, notamment sur un risque de récidive faible, mais elle a surtout tenu compte du témoignage de Judy Burgess, qu’elle a qualifié de cohérent.
Elle n’a pas retenu la version de M. Vibert, comme quoi il n’aurait donné que quatre coups et ne pouvait non plus s’appuyer sur les deuils du passé et les difficultés de l’accusé.

– Avec Sylvain Turcotte
Défiguré pour un chien | La famille de la victime « à bout » des procédures
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