Retour en septembre 2025. Une personne en situation d’itinérance a provoqué un incendie dans un bâtiment situé derrière Atelier Laforge, en tentant simplement de se réchauffer dans une roulotte à proximité. Pour Pierre-Alexandre Gauthier, propriétaire de l’entreprise, ce fut le début d’une grande prise de conscience.
« Rendu chez nous, le soir, j’avais un souper sur la table, puis j’ai couché dans mon lit… tu sais, j’étais bien, moi » dit M. Gauthier. « Donc, c’est un peu ça qui m’a reviré, j’ai réalisé que je ne fais pas pitié moi, finalement. »
Son bâtiment a été déclaré perte totale après l’incendie.
Durant la semaine du 8 décembre, Atelier Laforge a procédé au don de 20 000 $ en vêtements chauds réparti dans trois organismes de Sept-Îles. C’est une promesse que l’entreprise avait faite en septembre dernier, à la suite des événements.
L’Âtre de Sept-Îles, Transit Sept-Îles et le Centre d’intervention le Rond-Point s’occuperont de redistribuer les vêtements aux gens vivant en situation d’itinérance à Sept-Îles.
« Il y a de tout. Il y a des gants, il y a des vestes de ski-doo, il y a des cotons ouatés, des vêtements techniques… c’est vraiment des vêtements chauds, pour que les gens soient confortables », dit le propriétaire d’Atelier Laforge.

Durant les jours suivant l’incendie, M. Gauthier est allé à la rencontre d’organismes qui travaillent à soutenir la cause de l’itinérance. C’est après ces rencontres qu’il s’est dit qu’il devait s’impliquer.
« C’est une cause que personne ne connaît. On pense que ça arrive à Montréal, à Québec, mais on ne pense jamais qu’à Sept-Îles, il y a des itinérants », dit-il. « Je pense que tout le monde vivait un peu dans le déni, en pensant que ça n’existait pas, mais finalement, ça existe et il y en a beaucoup plus qu’on pense. »
Difficile de dénombrer précisément
Le nombre exact de personnes vivant en situation d’itinérance est difficile à connaître. Les données régionales les plus récentes datent d’avril dernier et ont été compilées par le Gouvernement du Québec.
« C’est autour de 120 personnes sur la Côte-Nord qui vivraient de l’itinérance et qui se sont présentées au recensement », explique Marie-Ève Normand, co-directrice de l’organisme Le Rond-Point. « On parle vraiment d’itinérance visible. Donc, ça ne donne pas, à mon avis, un portrait le plus réel possible », précise-t-elle.
L’an passé, l’organisme avait estimé entre 50 et 60 personnes vivant en situation d’itinérance à Sept-Îles et les environs.
Le Rond-Point est reconnaissant du don de vêtements d’Atelier Laforge.
« Je pense que ce qui est plus surprenant encore, c’est la réaction entre ce qu’ils ont subi et ce qu’ils ont décidé de faire pour la communauté », dit Mme Normand.
Pour Pierre-Alexandre Gauthier, ce don est loin d’être fait pour les apparences.
« C’est que ça donne un sens à ce qu’on fait », dit-il. « Des PME comme la nôtre, ça fait vivre une communauté aussi. C’est une manière de redonner à des gens qui en ont besoin. Quand les gens se demandent toujours à quoi ça sert l’achat local, ça sert un peu aussi à ça. »
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