Une récente étude socioéconomique sur les impacts de la pénurie de places en service de garde sur les familles dévoile que 37 % de celles de la Côte-Nord doivent attendre plus d’un an avant d’avoir une place, comparativement à 13 % pour l’ensemble du Québec. Annuellement il en coûte en moyenne 25 535 $ brut par foyer touché.
Une étude socioéconomique a été réalisée pour démystifier les impacts de la pénurie de places en service de garde sur les familles du Québec. Le projet de recherche mandaté par l’organisme Ma place au travail a été mené à terme par la firme Mallette.
Près du quart des familles qui ont répondu à l’étude ont attendu plus de deux ans entre leur inscription à la Place 0-5 ans et l’obtention d’une place dans un service de garde éducatif à l’enfance (SGEE).
Le manque de places affecte principalement les femmes.
« Le fait est que dans 63 % des cas, les femmes ne retournent pas sur le marché du travail après le congé parental. Ça met vraiment des chiffres sur ce qui est en train de se passer, c’est vraiment inquiétant », souligne Myriam Lavoie-Moore, chercheuse à l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS).
Du 37 % des femmes qui sont retournées travailler, seulement 32 % d’entre elles ont pu reprendre le travail à temps plein. Il est évident que si l’un des parents ne peut pas retourner travailler, il en résulte un manque à gagner.
Très peu de solutions sont offertes pour pallier cette problématique. À Sept-Îles, l’Envol-Maison de la Famille est un organisme qui propose des ressources et du soutien aux familles, afin de favoriser leur bien-être et leur épanouissement.
« Nous offrons un service de halte-garderie communautaire. À la base, ce service-là, c’était pour permettre aux parents de bénéficier d’un moment de répit et de participer à nos activités éducatives et de soutien. Maintenant, la réalité est tout autre », souligne Diane Roux, directrice générale de l’Envol. « Les parents l’utilisent pour pallier le manque de places en CPE. Cependant, notre halte-garderie, c’est un service ponctuel et non permanent. On ne peut pas garantir de place régulière pour les enfants. Ça crée un stress pour les deux parents, qui doivent travailler ».
Cette perte engendrée par le manque de service au niveau des CPE entraîne plusieurs répercussions dans la vie des familles nord-côtières : 44 % d’entre elles se voient obligées de s’endetter, en raison du manque de places dans SGEE, contre 25 % à l’échelle provinciale.
Trois familles sur quatre réduisent leurs activités familiales et plus de 72 % réduisent, ou éliminent leur capacité à épargner. 62 % ont mis sur pause leurs projets et 46 % utilisent la marge de crédit, ou carte de crédit pour y arriver. 13 % sont incapables de payer leurs factures, toujours selon l’étude socioéconomique réalisée par la firme Mallette.
Les familles nord-côtières sans place
44 % doivent s’endetter
3 sur 4 réduisent leurs activités familiales
72 % réduisent ou éliminent leur capacité à épargner
46 % utilisent le crédit pour y arriver
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