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Groupe BNG : le pouvoir surprenant de la construction modulaire sur la Côte-Nord

Par Renaud Cyr 6:00 AM - 7 décembre 2025
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Éric Gagnon, entrepreneur, ébéniste et concepteur de plan et modélisateur 3D. Photo Renaud Cyr

Si l’envie vous prend de vous commander une maison ou un chalet modulaire dans la seule entreprise nord-côtière qui en produit, ne vous pressez pas, car le calendrier du Groupe BNG écomodulaire est rempli jusqu’en 2026.

Le Groupe BNG est né cette année d’un coup de cœur entrepreneurial entre les partenaires de Boisaco, de la coopérative forestière la Nord-Côtière et l’entrepreneur Éric Gagnon, originaire de Portneuf-sur-Mer.

Ce dernier se fait discret sur les montants de départ investis, mais précise qu’il a trouvé des partenaires capables de porter ses ambitions.

« Je me suis trouvé des partenaires qui ont des leviers financiers pour avoir les montants dont on a besoin pour démarrer l’entreprise », explique-t-il.

Le groupe a également reçu tout un coup de pouce de la Municipalité de Longue-Rive, qui leur a vendu à prix réduit l’ancienne usine Kruger, maintenant le quartier général des activités de la nouvelle entreprise.

En rodage

Éric Gagnon en brasse de la sciure de bois dans l’usine, qui accueille maintenant cinq employés.

En plus d’être entrepreneur, ce dernier est habile avec la menuiserie, l’ébénisterie, la modélisation 3D et la conception de plans.

Il qualifie cette première année d’exercice de « rodage », qui va lui permettre ainsi qu’à ses partenaires, de mieux évaluer les variables comme le temps de conception, de construction et de livraison des unités.

« Mon but, ça reste toujours d’offrir des jobs de qualité. Pour l’instant, on est en phase 1 et on teste le marché. Quand je vais avoir une année de faite, j’aurai une meilleure idée de tous les facteurs qui entrent dans la construction de porte et on va être capable d’être compétitif sur le marché », révèle l’entrepreneur.

Il dévoile également que durant la prochaine année, le nombre de travailleurs devrait doubler.

Un modèle de maison conçu par Éric Gagnon, en construction à l’usine du groupe BNG. Photo Renaud Cyr

La force du modulaire

L’arrivée du modulaire est assez récente sur le marché, et plusieurs tentent d’harnacher son potentiel, comme la foudre avec un paratonnerre.

Les morceaux s’emboitent comme des blocs Lego et moindrement que les conditions sont bonnes, la livraison fait économiser énormément de temps, comparativement à une construction de A à Z sur un site en chantier.

Éric Gagnon précise que les calculs montrent qu’en termes monétaires, on peut épargner de 10 à 20 % sur les constructions dites traditionnelles, mais que le gain de temps est somme toute variable étant donné la distance de la livraison et la complexité de la construction demandée qui exigent un plus grand nombre de modules.

En plus d’être rapide, le modulaire est régi par le Code du bâtiment du Québec, ce qui lui confère une qualité de construction semblable à la construction en chantier.

L’intérieur est également sectionné en usine et l’espace pour les lignes de plomberie et d’électricité fait partie de l’ouvrage.

« Souvent, c’est ça qui va faire que le délai de construction va être court ou long », lance-t-il à la blague, mentionnant bien que le principe est le même pour une villa qu’une unité d’habitation pour les travailleurs. « Tout ce qu’il reste à faire lorsque les unités arrivent sur le site, c’est de les placer sur une fondation, et voilà. »

Répondre aux besoins

Ce ne sont pas les besoins qui manquent, dans le domaine de la construction de maisons, ce qu’Éric Gagnon désigne comme une « porte ».

« Je lisais récemment que si tous les entrepreneurs s’y mettaient, il y aurait une capacité de 45 000 portes par année. Si on maintient la croissance à 100 % du régime, dans cinq ans, il va quand même avoir encore 100 000 portes manquantes. C’est majeur comme crise », mentionne M. Gagnon.

L’actualité est continuellement colorée de témoignages sur la difficulté d’acquérir une propriété pour les familles ou les travailleurs, qui en arrachent pour soit en trouver de disponibles, soit en faire lever une de terre.

Éric Gagnon croit que le modulaire peut se démarquer comme une nouvelle solution originale, pour pallier la crise du logement, tout en donnant de bonnes conditions de vie aux gens d’ici.

« La réponse est super bonne et je crois qu’on correspondait à une certaine demande que les gens de la région avaient », estime l’entrepreneur. « Si je vais de l’avant avec toutes les propositions de projet que je reçois, je vais être dans le trouble », ironise-t-il.

BV photo 1 : Un modèle de maison conçu par Éric Gagnon, en construction à l’usine du groupe BNG. Photo Renaud Cyr

BV photo 2 : Éric Gagnon, entrepreneur, ébéniste et concepteur de plan et modélisateur 3D. Photo Renaud Cyr

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