Rio Tinto va « tester le marché » pour l’avenir de la mine Tio de Havre-Saint-Pierre 

Par Vincent Rioux-Berrouard 6:30 AM - 6 décembre 2025
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La mine du lac Tio est située à 43 km au nord-est de Havre-Saint-Pierre et on y retrouve un important gisement d’ilménite. Photo courtoisie

Rio Tinto va « tester le marché » pour une possible vente de sa division Fer et Titane, qui comprend la mine Tio de Havre-Saint-Pierre.

C’est ce que Simon Trott, chef de la direction de la multinationale, a indiqué cette semaine, lors d’une présentation sur la stratégie d’affaires que l’entreprise mettra en œuvre.

En août 2025, Rio Tinto avait mentionné mener une « révision stratégique » de sa division Fer et Titane. Cette décision s’inscrit dans un processus de réorganisation de Rio Tinto, qui souhaite concentrer ses opérations autour de trois activités qui sont le minerai de fer, le cuivre et l’aluminium.

Au Québec, Rio Tinto Fer et Titane comprend la mine du lac Tio à Havre-Saint-Pierre, ainsi que le Complexe métallurgique et de minéraux critiques à Sorel-Tracy. Il y a environ 290 employés qui travaillent aux installations de Havre-Saint-Pierre.

Le syndicat des Métallos, qui représentent des travailleurs, affirme suivre la situation de près, mais qu’il n’y a pas de raison « de paniquer » pour l’instant.

« Ça ne serait pas la première fois que ces actifs seraient achetés ou rachetés. Quand on regarde la somme des propriétaires qu’il y a eu pour la mine de Havre-Saint-Pierre et du complexe de Sorel-Tracy, des fois cela a été bon et des fois cela a été moins bon. C’est difficile d’évaluer ça », affirme Nicolas Lapierre, directeur québécois des Métallos.

Il ajoute que les gouvernements pourraient être interpellés par le syndicat, parce qu’il est dans l’intérêt du Canada d’avoir un approvisionnement en scandium, un métal très important pour des alliages d’aluminium de haute performance. Le scandium est produit à partir du minerai d’ilménite provenant de la mine de Havre-Saint-Pierre.

Le syndicat des Métallos représente également des travailleurs de Rio Tinto IOC. En début de semaine, un analyste de la banque d’investissement Goldman Sachs avait affirmé dans le Wall Street Journal que la multinationale aurait pu vendre l’ensemble de ses activités reliées au minerai de fer au Canada. Cela n’est pas dans les plans de l’entreprise, étant donné qu’elle souhaite miser sur le minerai de fer, a affirmé Rio Tinto par communiqué.

« La division du fer, c’est une division qui est très payante pour l’entreprise. On aurait été très surpris qu’elle prenne des décisions majeures. Pour le fer, je n’ai pas trop de préoccupations », affirme Nicolas Lapierre, qui connaît bien la Côte-Nord, ayant longtemps occupé la fonction de coordonnateur pour le Syndicat des Métallos dans la région.

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