Nom des rues à Sept-Îles : qui sont-ils ?

Par Sylvain Turcotte 5:05 AM - 3 décembre 2025
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Vue aérienne de Sept-Îles, vers 1950. Photo : Archives nationales à Sept-Îles, Collection Société historique du Golfe — Photographe inconnu

La première rue de Sept-Îles : Arnaud

Charles Arnaud. Photo Société historique du Golfe

Charles Arnaud (1826-1914) né à Visan en France. Devenu père Oblat de Marie-Immaculée, grand missionnaire catholique, linguiste, explorateur et taxidermiste, il a passé 64 ans sur la Côte-Nord. Il a participé à la construction d’une quinzaine de chapelles. Il est surnommé le Pape des Montagnais. Le père Arnaud a résidé à Betsiamites (aujourd’hui Pessamit) pendant près de 50 ans. C’est à partir de cette communauté qu’il tente de rejoindre le plus grand nombre d’autochtones possible.

Le boulevard

Pierre-Michel Laure (1688-1738) est né à Orléans. Arrivé au Québec en 1711, il est ordonné sous-diacre en 1719. L’année suivante, on lui confie le rétablissement des missions chez les Montagnais du Saguenay, pratiquement abandonnées depuis 18 ans. C’est à Chicoutimi qu’habituellement il passera les hivers. De là, il ira deux fois par année visiter les groupes dispersés dans l’immense territoire qui s’étend de Sept-Îles jusqu’au grand lac Mistassini. À part ses missions régulières, il se rend partout où le devoir l’appelle. Il visite Sept-Îles à peu près chaque année et fait au moins un voyage au lac Ashuanipi.

Après A, B pour Brochu

Pierre Brochu (1820-1894) né à Saint-Gervais, dans Bellechasse. En 1855, il s’installe d’abord dans la péninsule de Manicouagan pour y pratiquer la pêche. L’année suivante, on retrouve sa famille sommairement établie à Sainte-Marguerite, qui deviendra Gallix près de la rivière qui porte son nom. Il arrive à Sept-Îles en 1860, alors que ce n’est encore qu’un poste de traite et qu’on n’y rencontre que quelques familles blanches récemment établies. Il reprend la pêche avec son fils. De 1864 à 1875, il s’associe avec Nicolas Lévesque, arrivé la même année que lui à Sept-Îles, afin de devenir postillon pour la Compagnie Molson des Forges de Moisie. Les deux feront de quatre à cinq voyages par hiver jusqu’à Bersimis (aujourd’hui Colombier) pour y chercher le courrier. Pierre Brochu serait mort noyé à Sept-Îles, le 28 mars 1894. Son corps n’aurait jamais été retrouvé.

Une des premières rues transversales, du Père-Divet

Le père Arthur Divet. Photo Société historique du Golfe

Le père Arthur Divet (1876-1957), eudiste, arrive dans la région en 1904, d’abord comme vicaire, alors que le Père Conan est le curé de Sept-Îles et de Moisie. Le père Divet, devenu curé, a fait construire l’église en 1918 et il a réussi à avoir un maître d’école pour les garçons. Il sera curé de Sept-Îles plus de vingt ans.

La rue des écoles secondaires

Napoléon-Alexandre Comeau. Photo Société historique du Golfe

Napoléon-Alexandre Comeau (1848-1923) est né aux Îlets-Jérémie. Il passe la majeure partie de sa vie à Godbout, où il est gardien de la rivière du même nom, et ce, dès l’été 1860. Trappeur, pêcheur et chasseur, il se sert de techniques apprises avec le chasseur innu Ashini. Pendant plusieurs années, il est le seul sur une grande étendue de la Côte-Nord à posséder quelques notions de médecine et à pratiquer l’obstétrique, ou même, la chirurgie. On lui reconnaît d’ailleurs la naissance de 250 nouveau-nés.

Contributeur du saumon

John James Holliday. Photo Société historique du Golfe

John James Holliday (1823-1891) est originaire d’Écosse. Il obtient les droits de pêche sur la rivière Moisie en 1860, et ce, suite à la perte du monopole par la Compagnie de la Baie d’Hudson. Lorsqu’il quitta l’Écosse, il emporta avec lui des œufs de saumon et les déposa dans les frayères à Moisie, ce qui augmenta les quotas de saumon. Il vint donc s’établir à Moisie comme commerçant de poissons. Il formera la Compagnie Holliday Brother’s avec Wellie et Malcolm, pour pratiquer la pêche aux saumons à partir de l’embouchure de la rivière Moisie, jusqu’aux limites du Salmon Club Boswel.

La teneur des mines de fer à l’étude

Joseph Arlington Retty. Photo Société historique du Golfe

Joseph Arlington Retty (1904-1961), est né à Fort-Coulonge au Québec. Son nom est à l’origine de la rue qui longe les installations septiliennes de la minière IOC. Géologue à l’emploi de la compagnie Labrador Minings and Exploration, de 1936 à 1945, il sera le premier à étudier la teneur des mines de fer de Knob Lake, dans les environs de Schefferville. Il est guidé par Mathieu André, Innu, qui en 1937, a parlé des grands gisements minéraux dans la zone de Sawyer Lake, soit à environ 80 km au nord-ouest de Churchill Falls. Avant la fin de 1938, Retty découvre plusieurs dépôts dans les environs, dont certains à cheval sur la frontière entre le Labrador et le Québec.

L’ancêtre des Smith 

David Smith (1827-1905) aussi d’origine écossaise, est né à Métis Beach (Métis-sur-Mer) en 1827. Il arrive à Sept-Îles en 1871 pour travailler comme commis au magasin Hudson’s Bay. Il exerce aussi le métier de pêcheur. Il est l’ancêtre des familles Smith de Sept-Îles.

Sources : Société historique du Golfe – L’histoire de Sept-Îles… par sa toponymie / Répertoire historique et géographique des rues de Sept-Îles

Derrière chaque nom de rue de Sept-Îles, une histoire

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