Services d’une sage-femme en Côte-Nord : une bataille loin d’être gagnée

Nadia Dorval 9:03 AM - 25 novembre 2025
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Tania Bond, coordonnatrice chez À la source et responsable du comité citoyen Entre mer et naissance. Photo Facebook du comité Entre mer et naissance

En 2025, les Nord-Côtières n’ont toujours pas accès à l’option d’être suivie et d’accoucher avec une sage-femme. Même si plusieurs le souhaitent, à ce jour, aucune sage-femme ne pratique dans la région.

Le comité citoyen Entre mer et naissance, formé il y a 2 ans, multiplie les démarches, afin que le projet puisse voir le jour dans un avenir rapproché. Parmi les actions mises en branle, les membres du comité ont créé des liens avec le CISSS de la Côte-Nord, avec la coalition pour la pratique de sages-femmes qui regroupe différents organismes en défense des droits des personnes enceinte et aussi le regroupement des sages-femmes du Québec.

La Côte-Nord n’est pas la seule région au Québec qui n’offre pas le service de sage-femme. C’est surtout dans les régions plus éloignées que ce type de service n’est pas offert.

Questionnée sur les principaux obstacles à la venue d’une sage-femme dans la région, Tania Bond, coordonnatrice à l’organisme À la source et responsable du comité citoyen, explique que ce n’est pas une question d’infrastructures disponibles (maison de naissance ou lieu de naissance), car une sage-femme pourrait pratiquer directement à l’hôpital, ou au domicile des futures mères.

Le comité aurait même été contacté par une étudiante du programme de sage-femme qui voulait venir faire son stage et s’établir dans la région, mais puisqu’aucun poste n’a jamais été affiché par le CISSS, elle aurait dû laisser tomber le projet.

Par ailleurs, le comité avait été interpellé au printemps 2024 pour commenter une offre d’emploi de chargée de projet, pour la mise en place de ce type de service dans la région. Selon Mme Bond, le CISSS de la Côte-Nord aurait créé le département de sages-femmes, sans toutefois publier une offre d’emploi.

« Tant qu’il n’y a pas d’offre d’emploi d’affichée, ces organismes-là [coalition et regroupement] ne peuvent pas faire grand-chose. Le dossier n’avance pas du côté du CISSS et on ne sait pas trop quelles sont les raisons », déplore Mme Bond. « C’est dommage, car offrir les services d’une sage-femme pourrait venir aussi adoucir un peu les problématiques en obstétrique. »

Les prochaines étapes pour le comité Entre mer et naissance seront de recontacter le CISSS de la Côte-Nord, ainsi que d’assister au Sommet des états généraux de la pratique de la sage-femme les 29 et 30 novembre, à Trois-Rivières.

« On va aller débattre un peu de notre point. On va essayer de vraiment en discuter de qu’est-ce qui se passe ici sur la Côte-Nord. Mais aussi, dans toutes les régions du Québec, où il y a vraiment des bâtons dans les roues au niveau de ces projets-là. Ça prend la collaboration des gens qui peuvent prendre les décisions, mais c’est un peu difficile. Ça commence à faire longtemps », dit Tania Bond. 

Du côté du CISSS, on confirme qu’il souhaite toujours développer des services de sage-femme. Un porte-parole a toutefois indiqué par courriel ne pas avoir de nouvelles informations à transmettre à ce sujet, à ce stade-ci.