Les adultes qui fréquenteront la classe satellite du Centre de formation Mitshapeu de Mani-utenam, dès l’automne 2026, le feront dans un édifice mieux adapté.
Avec l’ancien bâtiment de la radio CKAU devenu disponible à Mani-utenam, le secteur Éducation d’Innu Takuaikan Uahsat mak Mani-utenam (ITUM) a saisi l’opportunité d’y installer la classe satellite pour ses cours aux adultes.
Depuis 2016, ceux et celles qui fréquentaient cette classe ont composé avec plus d’un déménagement, que ce soit à l’école primaire Tshishteshinu, à la Salle Teueikan ou dans une roulotte installée sur le site du dispensaire.
« On savait que c’était temporaire, mais actuellement, comme c’est aménagé, c’est une grande classe. Puis tout le monde vit au même endroit. Tout le monde est à aire ouverte », indique la directrice du secteur Éducation, Vicky Lelièvre.
Les nouveaux lieux offriront aux élèves un endroit stable et adapté, avec notamment une classe pour la passation des examens et des espaces de bureaux pour les intervenants, pour du suivi individualisé, mais aussi pour assurer une confidentialité des rencontres.
L’objectif est que les travaux de rénovation soient terminés pour une rentrée en septembre.
Un bâtiment situé à l’arrière pourrait permettre d’aménager un atelier pour l’enseignement des métiers traditionnels : fabrication de canots et raquettes, de couteaux-croches et autres « pour la sauvegarde des savoirs traditionnels », indique Mme Lelièvre.
La classe satellite de Mani-utenam accueille présentement 35 adultes.
La mise en place de ce lieu venait du fait que les gens demandaient à rester à Mani-utenam pour être près de leurs enfants.
« Ce sont des pères, des mères de famille. Ils voulaient être proches de leurs enfants, comme le midi, le matin aussi, pour l’arrivée des enfants après l’école. Ils voulaient gérer ça de plus près », mentionne Mme Lelièvre.
Vers une nouvelle offre
À Uashat, le CREA est en place depuis 2015. Autrefois au sous-sol de l’église, il occupe depuis cinq ans le bâtiment qui a jadis servi de lieu pour le Club Égalité, à l’arrière des Galeries Montagnaises.
En plus des salles de cours pour les quelque 120 élèves, il y a un atelier de formation professionnelle. Il est aménagé pour accueillir des cohortes en menuiserie-charpenterie.
Un deuxième atelier est dans les plans pour élargir l’offre de services. Un cours en plomberie pourrait être dispensé pour répondre aux besoins des communautés.
« Il y a un comité de concertation avec des représentants des communautés pour regarder les besoins du milieu », fait savoir Vicky Lelièvre. Certaines formations professionnelles peuvent être décentralisées.
Le Centre Mitshapeu compte huit enseignants à temps plein qui se partagent la tâche entre Uashat et Mani-utenam, en plus d’un agent de suivi, d’une intervenante sociale et d’une ressource pour la sanction des études.
Le CREA est lié au secteur de l’Éducation d’ITUM pour permettre l’accessibilité à plusieurs autres ressources (orthophoniste, thérapeute en langage..). Il y a aussi des classes satellites à Pakua Shipi et Schefferville/Kawawachikamach.
L’effet COVID
La pandémie d’il y a déjà cinq ans a porté un certain coup à la réussite scolaire des adultes, à la diplomation.
« Encore aujourd’hui, on ressent un peu ces retombées de la COVID, parce que ça a occasionné des retards au niveau du cheminement de certains élèves. L’année passée, on a eu cinq diplômés de secondaire 5. C’est sûr qu’on en voudrait plus, mais ce qui est important, c’est qu’on respecte le rythme de nos adultes. Souvent, ils reviennent de loin.
Il y en a que ça fait très longtemps qu’ils n’ont pas été sur les bancs d’école », indique la directrice du secteur Éducation d’ITUM.
Mme Lelièvre souligne que ses équipes doivent apprendre à connaître les adultes qui fréquentent le CREA, pour bien identifier les forces et les faiblesses de tous à travers les matières, « pour qu’on puisse bien les situer dans leur niveau réel, puis après ça, de les aider à cheminer à partir des difficultés qu’ils rencontrent ».
« Ça prend quand même un certain temps. Il n’y a pas de baguette magique là-dedans, mais on y va progressivement ».
Sa fierté
Pour la directrice du secteur Éducation d’ITUM, la persévérance scolaire des parents est ce qui la rend plus fière.
« Un enfant qui voit son parent retourner aux études, c’est sûr que ça a un impact sur lui. »
Les parents deviennent des modèles, soutient Mme Lelièvre.
Le Centre offre aux adultes la formation pour l’obtention du diplôme d’études secondaires et les préalables qui ouvrent la porte vers la formation professionnelle ou d’autres sphères d’études.
« Ils peuvent faire un cours ici entre eux. Puis ils parlent la langue aussi entre eux. »
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