Un front uni contre le crime organisé dans les communautés innues
Une résidence de la rue de l’Église, à Maliotenam, est une perte totale à la suite d’un incendie criminel. Photo Vincent Rioux-berrouard
Face à la montée observable du crime organisé dans des communautés innues, le ministre Ian Lafrenière a rencontré, mercredi, à Maliotenam, les élus des communautés et des directeurs de services de police pour trouver des solutions.
« Oui, il y a un feu, mais il y a des [gens] qui travaillent ensemble. Ça, c’est rassurant », affirme le ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière. « Plusieurs personnes aujourd’hui disent haut et fort, c’est assez ! »
Cette rencontre, qui était prévue depuis longtemps, tombe à point alors qu’une série d’incendies criminels a touché la communauté de Maliotenam durant la dernière fin de semaine.
L’insécurité est présente dans plusieurs communautés autochtones face au crime organisé.
« Ce n’est pas juste la Nation innue qui vit ça. Il faut en parler. C’est un combat collectif. Ce n’est pas juste les politiciens et la police [qui vont régler cela], c’est tous ensemble », affirme le chef de la communauté de Uashat mak Mani-utenam, Jonathan Shetush.

Le ministre Lafrenière est bien au courant de l’enjeu de l’intrusion du crime organisé dans les communautés innues. Il a lui-même été témoin de la présence de membres des Hells Angels dans une communauté de la Côte-Nord.
« Moi, je voyais les motards se déplacer ici sur la Côte-Nord. Ce n’était pas juste pour profiter du soleil et de la merveilleuse Côte-Nord… Le crime organisé va là où il a une possibilité de faire de l’argent », affirme le ministre. Il poursuit en expliquant que le crime organisé n’est pas seulement présent dans les communautés autochtones. Il s’agit d’un problème qui touche autant les milieux allochtones.
Cette rencontre a permis de discuter de plusieurs sujets tels que la lutte au crime organisé, au trafic de stupéfiants et à l’exploitation sexuelle.
Des mesures
Le ministre Lafrenière a pris des engagements pour prévenir l’incursion du crime organisé. Ceux-ci touchent la formation des intervenants sur le terrain, une intensification de la lutte contre le recrutement des jeunes par le crime organisé et la poursuite d’initiative des escouades mixtes comme celle qui réunit la Sécurité publique de Uashat mak Mani-utenam et la Sûreté du Québec. Il est aussi question de permettre le regroupement de services policiers, comme le demandent les communautés de Pakua Shipi et Unamen Shipu.
Francis Verreault-Paul, chef régional de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), était également présent à Maliotenam pour cette rencontre. Il a demandé que les corps de police autochtones aient le financement nécessaire pour pouvoir lutter contre le crime organisé.
« Un message qui est clair aujourd’hui est qu’il faut donner les ressources et les moyens aux corps de police autochtone pour qu’ils puissent travailler », dit-il.
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