Des organismes communautaires et syndicats de la Côte-Nord se sont mobilisés afin de dénoncer « les conséquences des compressions budgétaires et des politiques d’austérité menées par la CAQ ».
C’est le 18 novembre devant le bureau du député de René-Lévesque, Yves Montigny, à Baie-Comeau, que le groupe s’est rassemblé. Malgré le temps venteux et froid, ils ont brandi des pancartes et martelé des slogans pour se faire entendre.
Cette mobilisation découle d’une invitation de la Coalition Main Rouge, qui a manifesté un peu partout au Québec aujourd’hui à l’approche de la mise à jour économique du gouvernement Legault.
« On voudrait envoyer un message clair au gouvernement qu’il doit investir dans le filet de sécurité sociale parce que présentement, ça ne fonctionne plus. On espère que notre message sera entendu », lance Michel Savard, coordonnateur de la Table des groupes populaires de la Côte-Nord.
Ce dernier soutient que les gains sociaux se sont toujours concrétisés grâce à des luttes comme celle qui a été menée aujourd’hui. « Il faut lutter, il faut mettre de la pression et à un moment donné, on finit par faire des gains », dit-il.
Parmi les demandes des manifestants, on retrouve notamment un réinvestissement majeur dans le filet de sécurité sociale ainsi qu’un réalignement du financement des organismes communautaires.
« Il y a des centaines d’organismes qui craignent de perdre leur financement à cause que le Conseil du Trésor a décidé de fusionner des fonds qui ne peuvent pas aller ensemble », se désole M. Savard.
La crise du logement et l’augmentation du coût de la vie sont des enjeux qui touchent de plus en plus de Nord-Côtiers, rappelle-t-il.
« Je regarde la question des personnes âgées, il y en a plusieurs qui ont le choix de payer leur épicerie ou d’aller chercher leurs médicaments. Je ne te parle même pas du logement. L’état de nos écoles et de nos hôpitaux, ça fait dur. C’est en train de tomber en morceaux », témoigne Michel Savard, en entrevue avec le Journal.
Pour le coordonnateur de la Table des groupes populaires, il est inquiétant que ce soit « rendu la norme d’aller au comptoir alimentaire pour une famille que les deux parents travaillent ». « On n’a jamais vu autant d’itinérance, c’est inquiétant », ajoute-t-il en précisant que les organismes ne sont pas contre le développement économique, mais plaident plutôt pour un équilibre.
Services publics
Du côté du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ), le représentant régional Nicolas Gauthier dénonce également une « destruction du filet social » par le gouvernement Legault. « Il faut stopper le saccage de Legault. Les demandes d’aide alimentaire ne font qu’augmenter », clame-t-il.
Les employés représentés par le SFPQ œuvrent dans les différents ministères. Selon M. Gauthier, ils sont à bout de souffle parce que les délais ne font qu’être revus à la hausse.
« Si on prend les victimes d’acte criminel, on est au-dessus de 21 000 dossiers qui ne sont pas traités. Ça prend des proportions qui sont gargantuesques. On se doit de dénoncer parce qu’on représente la population aussi parce que ce sont les services aux citoyens qui sont directement impactés », lance-t-il.
Le syndicaliste déplore également l’absence d’écoute de la part des élus. « Ces temps-ci, le gouvernement fait la sourde oreille. À même le parlement, il ne se fait pas entendre. Il passe des projets de loi sous bâillon. C’est un peu utopique de croire qu’il va nous entendre », déclare Nicolas Gauthier qui croit nécessaire la dénonciation des insatisfactions.
Le SFPQ demande au gouvernement « de respecter la voie démocratique, d’arrêter de passer des projets de loi sous bâillon, d’écouter la population et d’arrêter de jouer à la boussole électorale ». « On est des groupes ouverts à la discussion, il n’y a personne qui est fermée ici. On veut se faire entendre, mais on veut se faire écouter surtout », conclut le représentant de la Côte-Nord.
Manque de ressources
Karine Ouellet Moreau, présidente du SIISNEQ, parle elle aussi « d’effritement des services publics, d’effritement du filet social autant nos services de santé que nos services d’éducation.
« Il y a un manque de ressources, un sous-financement. Quand on manque de ressources en santé, les gens se tournent vers les organismes communautaires. Eux aussi, présentement, ils manquent de ressources et de financement », déplore-t-elle.
Selon la représentante syndicale, il est difficile de se faire entendre par le gouvernement. « On l’a vu avec toutes les compressions budgétaires en santé, les bris de services. On ne peut pas laisser une population sans soins de santé. Est-ce qu’on est entendu? La question se pose », laisse-t-elle entendre.
Le SIISNEQ demande « des soins de qualité pour tous et accessibles », rapporte Mme Ouellet Moreau. « Pour ça, il faut mettre des ressources, il faut innover et il faut écouter les partenaires comme nous les syndicats, les gens aussi qui travaillent sur le terrain », rétorque celle qui craint le pire à court et moyen terme.
« Plus ça va, plus ça s’effrite à tous les niveaux : communautaires, services publics. Même les bâtiments ont besoin d’amour, les écoles, les hôpitaux. Si ça continue, ça va faire boule de neige. C’est triste, il y a des gens qui ont des besoins et qui n’ont pas les ressources nécessaires. »

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