Puyjalon : l’Union québécoise des microdistilleries perd un pilier 

Par Sylvain Turcotte 11:21 AM - 17 novembre 2025
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La Distillerie Puyjalon était fort appréciée par l'Union québécoise des distilleries.  Facebook Puyjalon

La fermeture annoncée de la Distillerie Puyjalon affecte le président de l’Union québécoise des microdistilleries, Nicolas Bériault, qui souligne qu’elle était appréciée du milieu. 

« C’est toujours extrêmement triste, tout le monde dans l’industrie appréciait beaucoup et aimait beaucoup la Distillerie Puyjalon et Mario [Noël] qui fait partie des distilleries qui ont participé à l’essor de cette industrie-là, il y a quelques années. De voir une distillerie tomber, désole Nicolas Bériault, mais aussi le milieu.”

Portrait stable, mais…

M. Bériault soutient que le portrait des distilleries au Québec est tout de même stable, même si une d’entre elles vient de fermer.

« Les distilleries, en ce moment, sont très solidaires entre elles. Il y a quand même une belle énergie d’entraide qui se passe », dit-il.

La diminution de la consommation d’alcool au Québec, également ailleurs au Canada et partout dans le monde, amène les entreprises de ce milieu « à demeurer créative et innovante. Donc, c’est ça la dynamique actuelle ».

Étouffé par la règlementation

Le président de l’Union québécoise des microdistilleries soulève toutefois qu’il y a encore beaucoup de réglementations qui freinent les élans dans le milieu.

« On est quand même étouffés sous la réglementation actuellement, ce qui peut-être freine le développement, mais on sent quand même un beau dynamisme ».

La règlementation qui nuit le plus est celle des frais de majoration de la SAQ sur les ventes directement à la propriété. 

« Quand on vend une bouteille de spiritueux directement à la distillerie, on doit quand même verser une majoration de près de 50 % du prix de la bouteille à la SAQ, même si la SAQ n’a jamais finalement touché à cette bouteille-là », explique Nicolas Bériault.

L’Association demande depuis des années un allègement qui permettrait aux distilleries, particulièrement celles en région, « de pouvoir avoir de l’oxygène ». 

Elle travaille continuellement pour essayer de faire changer ça auprès du gouvernement. « Ce serait assurément la mesure la plus aidante », dit-il. 

Une place pour tout le monde

Nicolas Bériault assure qu’il n’y a pas trop de joueurs dans le milieu de la microdistillerie, que sa beauté, c’est de réussir à en avoir dans chaque région.

Ce qui ajoute à la tristesse de la fermeture de Puyjalon à Havre-Saint-Pierre, c’est la perte d’un moteur économique, croit-il.

« Il faut trouver une façon en fait de rendre le modèle touristique rentable, mais il n’y a sûrement pas trop de joueurs. Il faut juste que chaque joueur puisse trouver sa place dans l’écosystème ». 

Pour que les distilleries continuent à garder la tête hors de l’eau, le président de l’Union souligne qu’il faut continuer à parler des produits d’ici, « à mettre en valeur le savoir-faire québécois, à encourager l’achat local, que ce soit dans nos distilleries que ce soit à la SAQ pour les Fêtes ». 

Il souligne qu’il faut poursuivre l’éducation du public face à cette industrie des spiritueux, une jeune industrie qui n’a que cinq à sept ans et qui est dans une période charnière et stimulante.