La fin de Puyjalon : un dur coup pour la Distillerie Vent du Nord
La fin de la Distillerie Puyjalon de Havre-Saint-Pierre porte un dur coup au tourisme agroalimentaire sur la Côte-Nord, selon la Distillerie Vent du Nord de Baie-Comeau et sa copropriétaire Catherine Blier. Photo Facebook Distillerie Vent du Nord
La fermeture de la Distillerie Puyjalon porte un dur coup au milieu. Pour Catherine Blier de Vent du Nord, à Baie-Comeau, c’est l’occasion de rappeler l’importance d’encourager locale, mais ça démontre aussi que cette industrie est fragilisée.
Si toutes les pensées de Catherine Blier et son équipe de la Distillerie Vent du Nord sont tournées vers leur confrère Mario Noël de la Distillerie Puyjalon, elle tient à sensibiliser les gens à propos de ce qu’ils consomment, de quelles entreprises encourager.
« Il y a plein de belles distilleries qui travaillent avec des produits. C’est important que notre marché québécois reflète les produits de passionnés, parce qu’en ce moment, la structure législative fait en sorte que tous les passionnés et les gens qui font des choses avec leur valeur et leur cœur, ça tend à se faire éteindre », dit-elle.
Mme Blier prêche pour l’achat local.
« Il faut vraiment encourager local encore plus que jamais, surtout sur la Côte-Nord, soulève-t-elle. On peut se serrer les coudes et continuer à mettre en valeur notre terroir. »
Un maillon
La fin de Puyjalon, c’est la perte d’un joueur important, selon Catherine Blier. C’est la fin de l’aventure pour un ami. Les deux ont ouvert leur distillerie en même temps.
« On travaillait dans le même axe. On avait un peu les mêmes visions, les mêmes valeurs de travailler avec le terroir et les façons de faire », confie-t-elle.
Même s’ils étaient séparés par près de 450 km de route, « on est proche en vrai. C’est nos voisins les plus prêts au niveau des distilleries. C’est sûr que ça nous a vraiment touchés ».
L’Union québécoise des microdistilleries perd aussi un bon maillon, alors que Mario Noël était impliqué dans l’Association, souligne Mme Blier.
Voir grand avec peu
Si le portrait n’est pas rose ailleurs, alors que d’autres ont fermé dans les dernières années, Catherine Blier dit être épargnée avec sa Distillerie Vent du Nord.
Mais il n’est pas question d’y aller dans les idées de grandeur.
Elle indique qu’il y a beaucoup de modèles d’affaires dans ce milieu au Québec. Certaines distilleries ne font qu’embouteiller, d’autres travaillent avec des arômes. À chacun son modèle, dit-elle.
« Nous, on est une distillerie avec des valeurs, qui travaille avec leur terroir, donc avec des vrais ingrédients, des vrais arômes cueillis à la main qui créent des emplois. »
Mme Blier et son équipe font preuve de créativité, trouvent des manières de faire.
« Je pense que ce qui nous garde en vie, c’est le fait qu’on est que Paul (Blanchard) et moi depuis le début. On est deux, on n’est pas des investisseurs. On a vraiment fait avec ce qu’on avait, avec nos équipements. On s’est développé des façons de faire, des partenaires. On le fait de manière très petite, on le fait de manière très artisanale, mais on ne perd jamais le cap », indique-t-elle.
« Tout ça, ça fait partie de nos valeurs, ça fait partie de notre raison d’être. C’est ça qui nous a gardés en vie, c’est le fait de rester petit. Oui, on fait du grain à la bouteille, mais on n’a pas investi, ajoute-t-elle. On met notre argent là où ça compte pour nous et non pas dans grossir nos équipements, grossir notre local. Je pense que c’est vraiment ça qui fait qu’on est encore en vie aujourd’hui. »
Fermeture de la Distillerie Puyjalon : « c’est un peu de notre identité qui s’évapore »
À découvrir
Des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.