Depuis neuf mois, le centre multiservices de santé et de services sociaux de Forestville peut compter sur un infirmier praticien spécialisé pour prendre en charge des patients et rendre plus accessibles les soins de santé. Zoom sur cette profession qui célèbre son 20e anniversaire.
À l’occasion de la Semaine nationale des infirmières praticiennes spécialisées, du 9 au 15 novembre, le Journal a rencontré Maxime Savard, premier infirmier praticien spécialisé (IPS) en première ligne à œuvrer sur le territoire de la Haute-Côte-Nord.
Originaire de Forestville, il démystifie son rôle encore méconnu, mais essentiel pour améliorer l’accès aux soins de santé en région.
« La mission première, c’est vraiment d’offrir des soins qui sont accessibles à la population en général, explique-t-il. Je suis de la classe de spécialité en première ligne. On parle de monsieur et madame Tout-le-Monde, de 0 à 100 ans. On dit 100 ans, mais on ne les refuse pas à 105 ! »
Avant de devenir IPS, Maxime Savard a cumulé 10 années d’expérience comme infirmier clinicien, notamment dans le Grand Nord. C’est cette autonomie vécue sur le terrain qui l’a poussé à poursuivre sa formation.
« C’est cette autonomie-là que j’avais dans le Grand Nord qui m’a motivé à aller faire le parcours pour être infirmier praticien spécialisé. C’est une maîtrise qu’on fait en plus d’un diplôme d’études supérieures à l’université. C’est un deux ans et demi de plus de formation. »
L’IPS peut assurer le suivi complet d’un patient, poser des diagnostics, prescrire des examens et des traitements, tout en collaborant avec les médecins.
« Les IPS peuvent prendre en charge une personne de A à Z, de façon autonome. C’est ça qui est différent aussi avec les infirmières cliniciennes. Nous, on collabore avec l’équipe médicale, mais on travaille de façon plus autonome », confirme M. Savard.
Cette autonomie contribue directement à désengorger les urgences. « Il y a des gens qui vont à l’urgence parce que leur médecin de famille n’est pas disponible ou parce qu’ils n’en ont pas. Moi, j’organise un corridor d’accès avec l’urgence, selon certains critères, pour qu’ils puissent m’envoyer des patients sans passer par eux. Ça permet d’éviter plusieurs heures d’attente », ajoute l’IPS.
L’arrivée de Maxime Savard à Forestville a considérablement élargi l’éventail des services offerts localement. En plus du suivi des patients sans médecin de famille, il prend en charge une clientèle variée : femmes enceintes, enfants, aînés, personnes atteintes de maladies chroniques.
« Je fais des suivis de femmes enceintes, de la clientèle pédiatrique, des mini chirurgies comme des verrues, des petites bosses, des abcès. Je fais aussi des infiltrations pour les blessures musculaires ou articulaires », précise le professionnel de 34 ans.
Il assure également des tournées au CHSLD local en partenariat avec une médecin. « C’est des services de plus que je peux rendre à la population. »
Une vocation enracinée
Originaire de Forestville, Maxime Savard a toujours voulu revenir dans sa région pour y contribuer. « Quand j’étais jeune, j’entendais souvent mes grands-parents dire qu’il manquait de services ici. Je me suis toujours dit : j’aimerais donc ça pouvoir donner à ma communauté », se remémore-t-il.
Malgré les nombreuses possibilités d’emploi ailleurs, son choix de revenir s’est imposé. « Après ma maîtrise, j’aurais pu aller travailler partout au Québec, mais j’avais vraiment un gros intérêt à revenir en région, me recentrer dans la nature et retrouver la proximité avec les gens », indique l’IPS.
Faire connaître la profession
Alors que la Semaine nationale des infirmières praticiennes spécialisées souligne les 20 ans de la profession, M. Savard souhaite avant tout informer et sensibiliser la population.
« C’est une profession qui est grandissante, dans un développement constant. C’est vraiment une belle profession et j’encourage les gens qui sont motivés à la faire », souligne celui qui rappelle aussi le rôle de l’Association des infirmières et infirmiers praticiens spécialisés du Québec (AIIPSQ), qui diffusera divers messages de promotion tout au long de la semaine.
Lui-même se dit comblé par son choix. « Je me sens accompli dans ce rôle-là. J’apprends tous les jours, c’est très stimulant. On travaille en collaboration avec tous les autres professionnels et c’est cette collaboration-là qui est enrichissante », conclut Maxime Savard.

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