Immigration : la priorité donnée aux immigrants francophones en région

Par Johannie Gaudreault 4:21 PM - 6 novembre 2025
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Le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, a annoncé une baisse des seuils d’immigration au Québec. Photo Facebook

« La priorité sera accordée aux candidates et candidats francophones, diplômés et établis en région. » C’est ce qu’a déclaré le ministre Jean-François Roberge le 6 novembre lors de l’annonce des nouveaux seuils de réduction pour l’immigration permanente et temporaire pour les quatre prochaines années au Québec.

Déposé ce matin à l’Assemblée nationale, le Plan d’immigration 2026-2029 vise l’admission d’environ 45 000 personnes résidentes permanentes annuellement, soit une baisse d’un peu plus de 10 000 comparativement à 2025.

En matière d’immigration temporaire, le Québec vise dans les programmes sur lesquels il a un contrôle un maximum de 65 000 titulaires de permis pour le programme des travailleurs étrangers temporaires et de 110 000 titulaires de permis dans le programme des étudiants étrangers présents sur le territoire en 2029.

Cette décision s’inscrit dans la volonté du gouvernement de respecter la capacité d’accueil du Québec. « Ceci aura pour effet de réduire la pression sur nos services publics, le logement, le français et les services d’intégration », indique Québec par voie de communiqué.

Priorité aux régions

Le gouvernement du Québec accorde une attention particulière à la situation du français ainsi qu’à la vitalité économique de nos régions. Il entend donc favoriser l’admission permanente des personnes déjà sur place, principalement dans les régions, en plus de maintenir une part importante des personnes immigrantes connaissant le français.

« L’usage du français demeure la clé d’une pleine participation à la vie québécoise et d’une intégration réussie », estime le gouvernement.

Pour le député de René-Lévesque, Yves Montigny, les mesures annoncées aujourd’hui sont une excellente nouvelle pour les régions.

« Le gouvernement a porté une attention particulière aux réalités régionales, en favorisant l’admission permanente des personnes déjà établies ici. Cette planification sur quatre ans permet de donner de la stabilité à nos entreprises en région », estime-t-il.

« Cette approche responsable et équilibrée permettra de renforcer à la fois notre vitalité économique et notre identité culturelle. Elle répond aux besoins du marché du travail tout en soutenant le développement durable de nos communautés, comme ici, dans René-Lévesque », poursuit le député.

De son côté, l’Union des municipalités du Québec (UMQ) exprime de vives préoccupations quant aux impacts potentiels des orientations des deux paliers de gouvernement en matière d’immigration.

Selon elle, dans plusieurs régions, comme la Côte-Nord, la réduction des seuils d’immigration temporaire et permanente met en péril la vitalité économique et la capacité à maintenir les services essentiels. L’UMQ réitère l’urgence d’adopter une approche différenciée et concertée en matière d’immigration, afin de soutenir pleinement le développement de toutes les régions du Québec.

« Ces deux annonces ne sont pas ancrées dans les réalités des différentes régions du Québec. Dans un contexte de vieillissement de la population et de pénurie de main-d’œuvre, réduire les seuils d’immigration sans les régionaliser revient à affaiblir les bases mêmes de notre vitalité collective », a déclaré Guillaume Tremblay, président de l’UMQ et maire de Mascouche.

L’UMQ accueille favorablement l’intention du gouvernement du Québec de favoriser l’admission permanente des personnes déjà sur place, principalement dans les régions. L’ajustement par le gouvernement du Canada du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) demeure essentiel, dit-elle.

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