Hôtel de ville : pourquoi pas Retty ?

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Par Emy-Jane Déry 3:30 PM - 3 octobre 2025
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Un des croquis proposé par la firme d'architecture Lemay pour un futur nouvel hôtel de ville à Sept-Îles. Photo firme Lemay

L’opposition quant à l’emplacement pour la construction d’un nouvel hôtel de ville s’est fait entendre, lors des deux dernières séances publiques du conseil municipal actuel tenues devant des salles pleines. Construire sur le site du Centre socio est une décision jugée prise à la hâte pour certains, voire même en catimini par d’autres. Qu’en est-il ?

Un coup de tête ? 

Les discussions des élus à propos de l’hôtel de ville ne datent pas d’hier. Tout cela commence par l’enjeu de l’Hôpital, qui a besoin d’espace pour agrandir. Vers la fin du mandat du maire Réjean Porlier (2021), une analyse multicritères (une vingtaine) des sites potentiels pour la construction d’un nouvel hôtel de ville a été menée.

C’est un comité formé de fonctionnaires, professionnels de différents domaines (urbanisme, ingénierie, loisirs, administration) qui a mené l’analyse. Son mandat était ensuite d’en présenter les résultats aux élus qui eux, allaient se charger de prendre une décision. 

Six emplacements ont été évalués :  avenue Arnaud (site ancienne maison Boudreault), un terrain à l’intersection de l’avenue Arnaud et de la rue Maltais, le site du Centre socio-récréatif dans le secteur des terrains de tennis, le terrain à l’angle du boulevard Laure et de la rue Retty, le parc des Aînés (avenue De Quen face à l’actuel hôtel de ville) et finalement, Centre socio-récréatif, mais où se trouve à ce jour le skatepark (Jolliet/Napoléon). 

L’avis de la population

Au final, quatre des six sites ont été soumis au vote à la population. Le sondage mené en ligne a obtenu environ 1 300 réponses. Le gagnant : le site de la rue Retty. 

À l’époque, l’analyse de la Ville de Sept-Îles considérait que le site disposait de quatre principaux avantages : pas de coût lié à l’acquisition du terrain, puisqu’il appartient à la Ville, pas de coût à prévoir pour relocaliser ou démolir des installations existantes, une bonne accessibilité et une grande capacité de stationnement. 

En revanche, il y avait trois inconvénients : l’emplacement était jugé « très peu central », on considérait qu’il n’y avait là « aucune contribution à la revitalisation d’un secteur existant » et que le raccordement aux services d’eau et d’égout serait un défi en plus d’être coûteux. 

Mise à jour

L’analyse a été refaite en 2024, confirme la Ville de Sept-Îles, dans la foulée des négociations avec le CISSS pour la vente du terrain de l’hôtel de ville. Plusieurs des critères avaient évolué.

« À titre d’exemple, en 2021, on craignait un impact du site derrière le Centre socio, sur les activités extérieures du camp de jour. Aujourd’hui, cette contrainte n’existe plus, puisque les activités se tiennent désormais à l’école Jean-du-Nord », a indiqué le service des Communications de la municipalité. 

Pour le site Retty-Laure, le raccordement aux services publics (eau et égout) posait un défi et des coûts significatifs en 2021. C’est un peu moins le cas aujourd’hui, en raison des récents travaux menés dans le secteur. 

Cependant, le manque flagrant de terrains à Sept-Îles et l’intérêt de promoteurs privés pour ce site pour du développement domiciliaire et/ou commercial entre en ligne de compte. 

Les terrains de tennis

C’est en avril 2024 que la Ville de Sept-Îles, sous la gouverne de Denis Miousse, a confirmé l’entente avec le CISSS pour 18,5 M$. Lors de l’annonce de cette entente, il a été confirmé que le site des terrains de tennis du Centre socio-récréatif serait le lieu de construction du nouvel hôtel de ville. De nouveaux terrains de tennis allaient aussi être aménagés derrière l’aréna Guy-Carbonneau. En cours de route, cette décision a été modifiée par le conseil. Fin août, le maire Miousse évoquait une cohabitation difficile avec le skatepark, pour justifier la décision de ne plus aller de l’avant.

Jeudi, le conseil est finalement revenu sur sa décision, face à la mobilisation citoyenne. De nouveaux terrains de tennis seront aménagés, mais c’est le prochain conseil municipal qui se retrouvera avec ce dossier entre les mains. 

Revenir en arrière ?

Au stade actuel d’avancement du projet, les coûts qu’impliquerait un retour à la case départ dans le dossier de l’emplacement sont considérables, a fait savoir la directrice générale. 

« Bloquer le projet de l’hôtel de ville, pour les contribuables septiliens, je considère que la facture sera très salée, que ce n’est pas une bonne décision », a affirmé Catherine Lauzon, durant la séance publique de jeudi soir. 

N’empêche, la loi oblige la Ville à tenir un registre en lien avec son règlement d’emprunt pour le projet de construction. Pendant 4 jours, du 14 au 17 octobre, les citoyens en désaccord pourront se rendre signer un registre dans les bureaux temporaires de Place Sept-Îles. Au-delà d’environ 2000 signatures, la Ville pourrait choisir de tenir un référendum sur la question, qui lui, entrainerait des dépenses de l’ordre d’une élection municipale, soit plus de 100 000 $. 

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