Un lieu de transmission du savoir innu ouvrira sous peu dans la communauté de Maliotenam
Le centre culturel Tshissenitamun Mitshuap. Photo Emilie Caron-Wart
Le centre Tshissenitamun Mitshuap veut dire « Maison de transmission des savoirs » en innu-aimun. Il représente une étape importante sur la voie de la guérison et de la réconciliation pour la communauté.
C’est en 2010 que l’idée d’avoir un lieu pour maintenir l’héritage culturel a germée dans la communauté de Mani-utenam. Dès 2011, le projet du centre culturel a été développé et soumis aux élus. Ce n’est que 10 ans plus tard qu’il a réellement commencé à prendre forme. La construction du centre culturel Tshissenitamun Mitshuap a commencé durant l’été 2023.
Au moment d’écrire ces lignes, les derniers préparatifs étaient en cours avant l’ouverture tant attendue.
Transmission des savoirs
« Moi, je veux faire un canot. Je vais être le premier inscrit, ça fait longtemps que je veux en faire un de mes mains », dit Tshiuetin Vollant, coordonnateur du centre Tshissenitamun Mitshuap.
Les activités du centre culturel seront réparties dans huit studios, avec des vocations différentes telles que la médecine traditionnelle, la cuisine, la musique, l’art visuel et l’artisanat. Il y aura même des ateliers pour travailler le bois, les os ainsi que pour faire la fabrication de raquettes et de canots de manière ancestrale. Tous les locaux sont aménagés différemment, pour répondre à des besoins spécifiques.

« Il ne faut pas oublier que c’est plus qu’un lieu où on donne du matériel pour la transmission culturelle, on le fait en langue innu pour la préserver et la faire vivre », souligne M. Vollant.
Donner une deuxième vie
La transmission des savoirs se voit dans plusieurs aspects du centre, tels que la récupération de matériaux pour leur donner une seconde vie.
« Il y a l’ancien cercle de feu qui trainait un peu partout qu’on a rapatrié ici et aussi les tables en bois qui dormaient dans l’entrepôt du conseil de bande, depuis la construction du chalet scandinave. Les chevalets qu’on retrouve dans la salle de peinture ont été réutilisés, ainsi que plusieurs tables qui proviennent de ITUM. Les ordinateurs pour faire le montage et les enregistrements dans la salle de musique proviennent de Wapikoni mobile », souligne Tshiuetin Vollant.

En plus d’y apprendre les techniques ancestrales, les résidents de Maliotenam vont pouvoir vendre leurs œuvres directement dans la boutique du centre culturel, ou repartir à la maison avec leur création.
La musique au cœur du centre culturel
Le centre culturel est équipé pour faire rêver les musiciens qui veulent apprendre à jouer d’un instrument, s’enregistrer, faire des vidéos et même y performer. L’auditorium à une capacité de 110 places assises et le centre culturel aimerait s’ajouter à la liste des établissements où on peut aller voir des spectacles du Réseau des organisateurs de spectacles de l’Est-du-Québec (ROSEQ).

Le centre culturel est créé pour que l’auditorium soit également une salle d’exposition pour les projets de plus grande envergure.

Une architecture représentative
Sur la façade du centre culturel, on peut remarquer l’œuvre d’une artiste de Uashat mak Mani-utenam, Eve Ringuette.
« Je suis vraiment fière que mes dessins soient sur la devanture de l’établissement qui servira de lieu de partage de notre culture, notre langue, et qui apportera un espace créatif pour les membres de notre communauté. […] Je suis surtout heureuse que ce soit l’image de mon arrière-grand-père Mathieu Mestenapeu André qui est près de la porte d’entrée, parce qu’il est un grand homme qui a défendu nos droits en tant que nation et les valeurs qu’il avait et qu’il souhaitait transmettre aux générations futures étaient la sauvegarde de nos territoires, de notre langue, de notre culture », commente Eve Ringuette, artiste multidisciplinaire ayant réalisé à quelques reprises des travaux de graphisme pour des organismes de la communauté.
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