Les Innus sous-représentés dans l’industrie minière de la Côte-Nord
Le Salon minier et métallurgique Kapakunaishenanut se tenait du 23 au 25 septembre, à Mani-utenam. Photo ITUM
La proportion de la main-d’œuvre innue représente seulement 2,3 % des travailleurs de l’industrie minière et métallurgique de la Côte-Nord, révèle une étude de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT).
Pour les fournisseurs de services, la proportion grimpe à 34 %.
« Cette différence illustre que les Innus occupent davantage des postes dits “d’entrée dans l’industrie”, comme ceux liés à la cuisine ou à l’entretien ménager, plutôt que des postes mieux rémunérés et spécialisés, tels que ceux d’opérateurs », conclut l’étude dévoilée en marge du Salon minier et métallurgique Kapakunaishenut, dont la première édition a eu lieu du 23 au 25 septembre, à Uashat mak Mani-utenam.
Plus de 400 personnes ont pris part à l’événement, dont 150 étudiants.
« Issu d’un partenariat de recherche entre la communauté de Uashat mak Mani-utenam et l’UQAT, cet événement a permis de tisser des liens entre les savoirs, les milieux et les communautés. Cette initiative illustre la pertinence de mener des recherches pour, par et avec les partenaires autochtones afin d’identifier des pistes de solutions qui répondent à leurs besoins » a indiqué Louis Imbeau, vice-recteur à la recherche et à la création à l’UQAT.
La programmation comptait 36 conférenciers et conférencières. Ghislain Picard a notamment parlé de réconciliation économique, en revenant sur son parcours à l’Assemblée des Premières Nations Québec Labrador (APNQL).
Une quarantaine d’entreprises et d’institutions étaient également présentes.
Un panel d’employés innus a permis de mieux comprendre leur réalité dans l’industrie minière et métallurgique, tandis que les représentants d’entreprises ont partagé leurs initiatives pour favoriser l’employabilité de la main-d’œuvre innue.
D’ailleurs, l’étude de l’UQAT souligne que les ententes sur les répercussions et avantages (ERA) ont permis de mettre en place certains leviers, comme les postes de liaison et les formations aux réalités culturelles. Mais, « leur application reste inégale d’une entreprise à l’autre », fait-on valoir.
« La rétention repose sur la valorisation de la culture innue dans les milieux de travail, de réelles perspectives de progression de carrière, ainsi que des modalités logistiques pertinentes, comme le fly-in fly-out », peut-on lire.
L’étude servira de référence pour mieux comprendre les défis actuels et identifier des pistes de solutions concrètes.
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