Démissions, arrêts de travail, conflits, rien ne va plus au CHSLD des Bergeronnes, selon la dizaine de témoignages recueillis par Le Haute-Côte-Nord.
Le CHSLD des Bergeronnes traverse une période qualifiée de « sombre » par certains membres du personnel et proches de résidents. Selon plusieurs sources désirant conserver l’anonymat par peur de représailles, le climat de travail et les services offerts aux usagers se seraient considérablement dégradés depuis près d’un an.
« La situation est devenue insoutenable », indique l’une d’entre elles. Selon cette personne, plusieurs employés songent à quitter leur poste, en raison d’un environnement de travail difficile. Trois démissions, six arrêts maladie et cinq transferts dans l’équipe volante seraient survenus au cours des derniers mois, des chiffres non confirmés par le CISSS.
Parmi les problèmes soulevés, la réduction du ratio de personnel inquiète particulièrement. Les soignants affirment que cette diminution entraîne une surcharge de tâches et des conflits déontologiques, car certains doivent effectuer des interventions qui dépassent leur champ de pratique.
Des familles rapportent une diminution de la qualité des soins, citant en exemple que les résidents ne recevraient désormais qu’un seul bain par semaine au lieu de deux.
« Les préposées aux bénéficiaires doivent choisir ce qui est le plus urgent. Ça occasionne des rougeurs, des plaies, des infections urinaires et des problèmes de comportement », déplorent les employés, en parlant de maltraitance et négligence.
Quant aux suivis cliniques, ils seraient réalisés en bonne et due forme. Toutefois, les infirmières et infirmières auxiliaires n’aurait pas de temps de pause et les heures de repas seraient écourtées, rapporte-t-on.
La gestion en place est perçue par certains comme autoritaire, misant sur des décisions unilatérales plutôt que sur la collaboration. « La peur des représailles prend la place du dialogue, laissant autant les soignants que les familles dans un climat d’insécurité et de frustration », se désole une autre source.
Des bris d’équipement prendraient du temps à être réparés. Certains ne le seraient pas encore après avoir été déclarés il y a plusieurs mois.
« Malgré plusieurs plaintes, rien ne bouge dans le bon sens. Du personnel se résigne à quitter par épuisement et impuissance. Nous aimerions être entendus, dénoncer ce qui est caché depuis trop longtemps. Il s’agit ici de vies humaines, de dignité et du respect de nos aînés », disent-ils.
Un proche de résident affirme que le climat de travail a changé au CHSLD. « On le voit qu’il y a de l’animosité, que les employés sont sous tension. Avant, l’ambiance était plus sereine, maintenant, il y a une lourdeur. »
Une réputation en contraste
Ces préoccupations tranchent avec l’image positive qu’avait l’établissement il y a un an. Sous la direction de l’ancienne gestionnaire, le CHSLD des Bergeronnes était reconnu comme un modèle régional pour la qualité de ses soins et son approche humaine, de l’avis des témoins rencontrés.
« Elle incarnait une gestion humaine, proche du personnel et des résidents, et elle était là pour les bonnes raisons : offrir des soins de qualité dans un climat respectueux et sécuritaire », souligne un témoin.
Aujourd’hui, plusieurs familles et employés se disent inquiets de voir la réputation de l’établissement s’effriter. « Dans une petite communauté comme Les Bergeronnes, tout le monde connaît quelqu’un qui réside ici. C’est triste de voir la situation se dégrader ainsi », témoigne un proche.
Notons que des plaintes ont été formulées aux syndicats concernés, au Protecteur du citoyen du Québec ainsi qu’au commissaire aux plaintes et à la qualité des services du CISSS de la Côte-Nord.
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