En tournée dans les établissements collégiaux de Baie-Comeau et Sept-Îles, la présidente-directrice générale de la Fédération des cégeps, Marie Montpetit, s’est dite impressionnée par les installations et la vitalité du milieu.
Elle a profité de son passage les 29 et 30 septembre pour réitérer l’importance du rôle des cégeps régionaux, tout en exprimant des préoccupations face aux compressions budgétaires et aux enjeux liés au recrutement d’étudiants internationaux.
L’objectif de la tournée : constater sur le terrain la spécificité de chaque cégep, leur carte de programmes et leur contribution au développement régional.
Dès sa visite au cégep de Baie-Comeau, elle s’est dite « très impressionnée » par les installations, notamment par les équipements technologiques de pointe. « C’est un très beau cégep, qui a de quoi être fier », a-t-elle affirmé en entrevue.
Au-delà des infrastructures, Mme Montpetit a tenu à souligner les défis auxquels font face les établissements collégiaux. Selon elle, la hausse importante de la population étudiante exerce une pression sur les services éducatifs et les infrastructures.
Elle rappelle que le réseau collégial a subi 151 M$ en compressions annoncées au printemps dernier, ce qui complique la tâche des cégeps, particulièrement en région.
Un autre enjeu soulevé concerne l’apport des étudiants internationaux. La PDG insiste sur leur importance pour maintenir certains programmes et soutenir la vitalité des cégeps régionaux, notamment dans un contexte de déclin démographique sur la Côte-Nord.
Or, les réformes fédérales et provinciales en immigration compliquent leur arrivée et nuisent à la réputation du Québec, dit-elle.
« C’est crucial de permettre le recrutement international. Sans cela, certains programmes disparaîtraient et la vitalité économique locale en souffrirait », a-t-elle insisté.
La visite de Marie Montpetit a aussi mis en lumière l’impact économique du Cégep de Baie-Comeau, qui accueille 30 % de ses étudiants de l’extérieur de la MRC de Manicouagan. « C’est toute la ville et la région qui bénéficient de cette présence », a-t-elle soutenu.
Quant au Cégep de Sept-Îles, elle a souligné son ancrage auprès des entreprises locales et la vitalité de ses centres de recherche, qui rayonnent au-delà de la Côte-Nord.
La PDG se dit encouragée par ses premiers échanges avec la nouvelle ministre de l’Enseignement supérieur, Martine Biron, qu’elle qualifie d’« à l’écoute » et « sensible aux enjeux des étudiants internationaux ». Elle espère toutefois que l’éducation et l’enseignement supérieur figureront rapidement parmi les priorités du gouvernement.
De la grande visite
Pour Manon Couturier, directrice générale du Cégep de Baie-Comeau, la visite de Marie Montpetit est très bien venue puisqu’elle a permis de mettre en lumière les réalités régionales, notamment celles liées à l’isolement, aux distances et au rôle essentiel du cégep dans sa communauté.
« Qu’elle vienne vivre notre réalité de transport, de distances, de la 138, ça va certainement venir influencer sa pensée pour la suite des choses », a-t-elle souligné.
Selon elle, la visite a permis de démontrer concrètement à quel point les petits cégeps occupent une place primordiale dans leur milieu.
Le cégep nord-côtier, qui compte actuellement plus de 800 étudiants malgré des projections ministérielles qui prévoyaient 500 inscriptions, mise sur l’agilité et l’innovation pour assurer sa vitalité.
« On refuse de rester un petit cégep. C’est notre capacité à trouver plusieurs solutions à chaque problème qui fait notre force », croit Mme Couturier.
La directrice a également insisté sur l’importance de montrer la diversité des réalités régionales. « Avec mon collègue de Sept-Îles, on voulait s’assurer que les deux cégeps soient bien compris. On collabore beaucoup, mais on n’a pas du tout la même réalité », a-t-elle expliqué.
Malgré des compressions budgétaires, l’établissement a choisi de préserver l’emploi. « Notre grande fierté, c’est de n’avoir coupé aucun poste. Dans un contexte de croissance, il fallait garder nos ressources humaines pour accompagner nos étudiants », a précisé Mme Couturier. Certains projets ont toutefois dû être reportés, dans l’attente de nouveaux financements.
Parmi les défis, la directrice cite la dévitalisation de la région, la nécessité de maintenir une offre de formation adaptée aux besoins industriels et de poursuivre les efforts de recherche, notamment sur le plan environnemental.
« Nous faisons partie intégrante du développement de notre communauté. Notre rôle, c’est d’être capables de nous ajuster et de supporter notre milieu », a-t-elle conclu.
À découvrir
Des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.