Chronique de Réjean Porlier – Urgence !
Hôtel de ville de Sept-Îles. Photo Vincent Rioux-Berrouard
Dans ce débat qu’on s’est acharné à maintenir en vie et qui visait à sauvegarder l’hôtel de ville, on a trop rapidement évacué ce qui était à l’origine de cette saga : l’agrandissement du centre hospitalier pour en assurer la fonctionnalité, afin qu’il demeure un centre de service régional digne de ce nom. Il s’agit sans contredit d’un élément clé de notre développement. Résumer le dossier du centre hospitalier à l’agrandissement de son stationnement, c’est réducteur, voire simpliste.
Parlons donc un peu de cet agrandissement. Je pense à l’urgence en particulier. Je viens d’y passer un court séjour et nul doute que nos ministres auraient intérêt à y faire un arrêt à leur tour, juste pour bien comprendre. Entendons-nous, je ne leur souhaite pas de malheur, mais simplement une petite visite pour constater qu’il y a urgence à l’urgence.
Ce qu’on y rencontre est tout simplement déconcertant. D’abord, il y a cette équipe professionnelle et dédiée qui, de toute évidence, prend les bouchées doubles et court dans tous les sens pour soigner, accompagner et tenter de rassurer une surpopulation entassée dans un espace qu’on essaie de maximiser, mais qui est juste insuffisant.
Le petit rideau qui m’isolait des deux autres patients installés de chaque côté venait frôler ma civière chaque fois où l’infirmier devait intervenir pour leur prodiguer des soins. Je voyais ses pieds faire le tour de mon sac pour ne pas trébucher. Il est très clair à mon esprit qu’il y a nombre de risques de santé et de sécurité associés à pareille situation.
Des risques dont aucun ministre ne souhaiterait porter la responsabilité, j’en suis persuadé. Plus longtemps nous attendrons pour que se mettent en branle les travaux d’agrandissement et de rénovation de l’urgence de Sept-Îles, plus longtemps nous serons à risque de voir survenir un évènement malheureux dans cette urgence en surcapacité chronique. Je ne suis pas un spécialiste de la contagion, mais il me semble que l’urgence de Sept-Îles n’est ni plus ni moins qu’une poudrière, voire une bombe à retardement. Encore chanceux que des équipes médicales acceptent de pratiquer dans de telles conditions.
Alors, que fait-on dans pareil contexte ? On continue de mettre l’accent sur une transaction conclue entre la Ville et le CISSS, ou bien on aligne nos représentations pour qu’un message clair et fort résonne à l’Assemblée nationale et pour qu’enfin se mettent en branle les travaux sans lesquels notre centre hospitalier et la population sont maintenus dans la précarité.
Lorsque je vois le centre hospitalier s’agrandir, je ne peux y voir qu’une augmentation et/ou une amélioration des services à la population. Derrière l’élargissement de l’offre, il y a toute la question de la qualité de vie, mais aussi une initiative visant l’attraction et la rétention des travailleurs et leur famille. Combien de gens sont déplacés à l’extérieur annuellement pour recevoir toutes sortes de soin et particulièrement en oncologie (cancer), des déplacements qui coûtent cher au système, mais aux familles elles-mêmes.
Pourquoi ne pas être ambitieux et exiger la prise en charge locale de certains services spécialisés ? Élargir notre offre et conséquemment devenir plus attrayante comme région ? N’est-il pas temps d’exiger un certain retour de l’ascenseur, alors que nos jeunes quittent pour étudier et que notre population s’exile pour se faire soigner ? À moins qu’on ait lancé la serviette et que le renversement de la tendance démographique ne soit pas une priorité.
Nous sommes en pleine élection municipale et les plateformes électorales nous en diront long sur la vision et la profondeur des dossiers que les candidats voudront bien porter. Entendre et faire écho aux attentes des citoyens, bien sûr, mais proposer un plan de match qui favorisera le renversement de la tendance démographique. Et j’espère sincèrement que cette vision ne se résumera pas une fois de plus à rechercher le coup de circuit… le mégaprojet économique, comme si tout le reste allait suivre naturellement. L’élargissement de l’offre de services en santé, tout comme en éducation, représente un excellent levier et il serait grand temps qu’on les aborde de façon soutenue.
Si la question de l’hôtel de ville est celle qui tient le haut du pavé dans les débats et les discussions au cours de la prochaine année, je m’inquièterai sérieusement de notre avenir collectif. Qu’on questionne, cela va de soi, qu’on tente d’influencer, c’est tout ce qu’il y a de plus légitime, mais le mode accusatoire et les procès d’intention ont rarement conduit à l’ouverture des canaux de communication. Au contraire, ils divisent et nous font perdre de vue l’essentiel et pour ma part, l’essentiel, c’est de s’attaquer à ce qui nous tue à petit feu… notre poids démographique.
J’espère surtout qu’on saura voir l’urgence là où elle est et que rapidement se mettront en place les concertations locales et régionales.
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Merci monsieur Porlier ,vos commentaires sont tout à fait pertinents et vous exprimez très bien la vision de plusieurs citoyens ,merci d’élever votre voix et au plaisir de vous lire et entendre .Justement des élections s’en viennent alors pensons à ce que nous voulons mettre de l’avant pour les septiliens où simplement rattraper des retards d’amélioration trop longtemps repoussés .
Tellement d’accord avec vous monsieur Porlier.