La Côte-Nord a besoin de plus de logements sociaux
Sur la Côte-Nord, l'un des chantiers les plus importants pour la construction de logements est à Sept-Îles. 121 logements sont en construction sur la rue Comeau. Photo Vincent Rioux-Berrouard
La construction de nouveaux logements sociaux et communautaires est plus que nécessaire sur la Côte-Nord avec la région qui vit une crise de l’habitation.
C’est un des constats qui a émergé, dans le cadre d’un grand rassemblement régional tenu à Sept-Îles les 17 et 18 septembre. Une cinquantaine d’acteurs des milieux municipaux, économiques, communautaires et de l’habitation étaient présents, afin de trouver des solutions à la crise du logement.
La construction de logements sociaux est considérée comme une solution indispensable pour mettre fin à cette problématique.
« Le logement communautaire permet aux locataires d’avoir un pouvoir de décision sur son logement. Il permet au niveau financier, pour le locataire, de venir dégager une marge de manœuvre pour mettre son argent sur d’autres choses que sur son loyer. Il faut en construire plus [des logements] », a affirmé Doris Rochette, directrice générale de Cité des Bâtisseurs, un groupe de ressources technique accompagnant les organismes dans la réalisation de logements communautaires nord-côtiers.
Pour Tommy Théberge, directeur général de l’Association des groupes de ressources techniques du Québec (AGRTQ), le logement communautaire est une solution qui a fait ses preuves. Pour lui, il ne s’agit pas d’une dépense, mais bien d’un investissement. Selon une étude menée par son organisation, il est estimé que chaque dollar investi dans le logement social génère 1,40 $ en retombée économique. Il a souligné que ce type de logements permet à des personnes d’éviter de se retrouver en situation d’itinérance.
Il a ajouté que les gens qui ont une stabilité avec leur logement auront moins besoin d’avoir recours à différents services sociaux, ce qui représente des économies pour la société.
Les besoins en logements sont grands sur la Côte-Nord comme l’a constaté la mairesse de Forestville, Micheline Anctil. Elle a également témoigné que la crise du logement va accentuer des problèmes d’itinérance.
« Malheureusement, l’itinérance est devenue un phénomène de nos petites communautés. Je suis tombée en bas de ma chaise, quand on m’a raconté que dans notre centre d’achat, il y a eu une maman qui passait dans la salle de bain pour laver ses deux enfants. C’est d’une grande tristesse et ça rejoint l’enjeu du logement », a affirmé Mme Anctil.
Pour elle, la solution passe par le logement social et par les promoteurs privés. Par contre, elle a noté que souvent, les logements neufs de promoteurs privés sont très chers, de là l’importance des logements sociaux.
« Pour moi, le logement c’est un droit… Des gens qui travaillent au salaire minimum ne peuvent pas se payer un logement à 2 000 $ par mois », a dit Micheline Anctil.

Problématique
La création de logements sociaux n’est pas toujours chose simple. L’argent est au cœur de l’enjeu. L’un des aspects essentiels pour obtenir un financement gouvernemental est d’obtenir une mise de fonds du milieu qui équivaut à 40 % du projet. C’est une embûche qui touche particulièrement les villages.
« Dans les plus petites communautés, lorsque cette mise de fonds représente des millions de dollars, ça complique les projets », a expliqué la mairesse de Forestville.
Les délais pour faire aboutir les projets sont très longs, a-t-elle dit, parlant d’un minimum de cinq ans.
La reconnaissance des réalités régionales est souhaitée dans les programmes gouvernementaux, particulièrement avec le fait que construire sur la Côte-Nord coûte plus cher, a affirmé Doris Rochette.
Les différents intervenants s’entendent sur le fait que le gouvernement fédéral et le gouvernement provincial doivent investir dans le logement.
« Il y a des investissements majeurs à faire au Québec, si on veut que notre monde soit bien logé et qu’il vive convenablement », a dit M. Théberge.
La mairesse de Forestville souhaiterait aussi que la Société du Plan Nord puisse investir dans des projets de logements sur toute la Côte-Nord. Actuellement, elle ne peut que le faire dans des communautés qui sont situées au-delà du 49e parallèle.
Priorités
Pour les prochaines années, Doris Rochette souhaite qu’il y ait la création de logements permanents pour les gens ayant des problèmes de santé mentale. Il y aura aussi des besoins pour les nouveaux arrivants.
Des logements pour les aînés seront également nécessaires sur la Côte-Nord, surtout que la région est vieillissante. De tels projets auront des répercussions positives, croit Micheline Anctil. Cela permet de garder les aînés dans leur communauté, mais aussi de rendre disponibles des maisons sur le marché qui pourront accueillir des familles.
Les différents acteurs présents s’entendent pour dire qu’il faut travailler ensemble pour développer l’habitation sur la Côte-Nord. Cela peut inclure les grandes entreprises et les sociétés d’État, notamment Hydro-Québec.
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