Feu criminel à Moisie : la livreuse de bidons d’essence pardonnée par le père de la victime

Par Sylvain Turcotte 1:19 PM - 24 septembre 2025
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Maison mobile du 65 rue Vollant, à Moisie, incendiée le 16 octobre dernier. Photo archives

Malory Fortin a livré les bidons d’essence ayant servi à mettre le feu à la résidence de Moisie dans laquelle Jimmy Maltais a été retrouvé sans vie, mais le père de ce dernier lui a pardonné, dans un témoignage émouvant, mercredi, au palais de justice de Sept-Îles. 

Malory Fortin, impliquée dans le dossier de l’incendie criminel d’octobre 2024 à Moisie, écope d’une sentence dans la collectivité. Elle a été complice, « par naïveté » des événements, a affirmé la juge, au sujet de la Septilienne, en apportant deux bidons d’essence. 

La femme de 21 ans a présenté un plaidoyer de culpabilité au palais de justice de Sept-Îles, le 24 septembre. Dans cette histoire, six autres personnes sont impliquées. Le corps de Jimmy Maltais a été retrouvé sans vie, à la suite du feu criminel dans une résidence de la rue Vollant, à Moisie.   

Le père de la victime a pris la parole, par visioconférence, s’adressant à Mme Fortin.

« J’te connais pas. La vie est devant toi. J’te pardonne, mais écoute moi bien, nous, on est débâti. Ma femme pleure toutes les nuits. J’te parle comme un père », a laissé entendre Richard Maltais.

L’émotion était palpable parmi les personnes qui se trouvaient dans la salle d’audience du palais de justice. 

La juge Aubry a remercié l’homme pour sa sagesse, évoquant qu’il s’agit d’une peine importante pour la Septilienne. 

Sentence

Malory Fortin se voit imposer un sursis de 21 mois dans la collectivité, en plus d’une kyrielle de conditions, dont un couvre-feu, une assignation à résidence (avec des exceptions reliées entre autres au travail ou études).

« Ça a un impact important sur les individus », a mentionné Me Marc Bérubé, du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

La femme de 21 ans ne peut notamment pas posséder d’armes, ni communiquer de quelconques façons avec les accusés dans ce dossier (Anthony Roy, Dereck Lemay, Lucas Bérubé, Raphaël Bérubé, Jonathan Gendron et Kent Lebrasseur) et ni avec la famille de Jimmy Maltais, en plus de ne pas consommer d’alcool ou drogues et de répondre aux vérifications aléatoires faites par son agent de probation.

Les dossiers des autres individus sont toujours en cours. Dereck Lemay, Anthony Roy et Jonathan Gendron font face à un chef d’accusation de meurtre au premier degré.

Épée de Damoclès

« Il y a une épée de Damoclès qui est au-dessus de la tête des gens qui ont un sursis dans la collectivité », a décrit Me Bérubé.   

Plusieurs facteurs ont pesé dans la balance concernant la suggestion commune, notamment l’absence d’antécédents judiciaires et une forme de réhabilitation, a fait savoir l’avocat du DPCP. 

Au terme de son sursis de 21 mois, Malory Fortin sera soumise à une probation de deux ans, au cours de laquelle elle ne devra notamment pas troubler l’ordre public. 

S’adressant à l’accusée, la juge Nathalie Aubry lui a rappelé que le principe est que « vous êtes en prison à la maison (avec droit de sorties entre 20 h 30 et 21 h 30 et à d’autres moments, sous des conditions) », lui rappelant que c’est « sérieux comme accusation. Vous avez la chance de vous reprendre en main. » 

Un bris des conditions qui lui sont imposées pourrait amener Malory Fortin à terminer la sentence, de façon ferme, en prison, sans possible libération conditionnelle.

La trame factuelle

Deux jours avant l’incendie criminel du 16 octobre, Malory Fortin avait été appelée pour aller acheter et livrer deux bidons d’essence, sans être au courant du but.

Après l’incendie, elle avait conduit les individus liés au feu criminel, dans lequel le corps de Jimmy Maltais a été retrouvé.

Elle avait été appréhendée en même temps que certains des accusés par les policiers près du viaduc, à quelque cinq kilomètres à l’est de Sept-Îles. Dereck Lemay avait pris la fuite, mais les policiers avaient réussi à procéder à son arrestation.

La Septilienne avait été détenue 15 jours après son arrestation. Malory Fortin a collaboré à l’enquête, faisant ses aveux sur son implication. 

Elle avait été libérée sous plusieurs conditions en attendant la suite des procédures, suivant notamment une thérapie avec succès. 

Lors de la comparution du 24 septembre, l’avocat de la défense a fait savoir que sa cliente avait été dépassée par les événements.

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