Contenu autochtone à la radio : vital pour la survie de la culture autochtone, selon le chef St-Onge
Mathieu Mckenzie au studio Makusham de Maliotenam. Photo Emilie Caron-Wart
« Pour notre communauté et nos artistes, la mise en place d’un quota de 5 % de musique autochtone est vitale pour l’essor et la survie de notre culture », a affirmé le chef de Uashat mak Mani-utenam, Jonathan St-Onge, devant le CRTC, jeudi.
Des représentants du studio Makusham, les chefs de Uashat mak Mani-utenam et de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) ont plaidé pour un quota de 5 % de musique autochtones sur les ondes radios, durant des audiences du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), jeudi.
Actuellement, la musique autochtone est quasi absente du système de radiodiffusion canadien, a fait valoir le studio Makusham. Elle compte pour moins de 1 % de toute la musique diffusée sur les ondes.
Pour le chef St-Onge, sans l’instauration d’un quota, les artistes de la communauté n’arriveront pas à occuper la place qu’ils méritent.
« Il s’agit là d’une perte pour les communautés autochtones, mais aussi pour l’ensemble de la société canadienne et une occasion manquée pour la réconciliation », a-t-il adressé.
Le chef de l’APNQL a abondé dans le même sens.
« Dans le passé, le CRTC a imposé des quotas pour la musique canadienne et francophone afin de protéger les cultures et les langues qui façonnent notre société », a rappelé Francis Verreault Paul. « Il est temps que cette même reconnaissance soit accordée aux langues et aux cultures autochtones, qui sont millénaires, vivantes, et au cœur de notre identité collective. »
Il a déploré au passage le manque de représentation des voix, rythmes et récits « des peuples fondateurs » du Canada, dans le paysage médiatique.
Le CRTC aurait proposé un quota graduel allant de 3 % à 5 % au fil de plusieurs années, ce que Mathieu Mckenzie, musicien et cofondateur de Makusham Musique, juge insuffisant. Il a plutôt plaidé pour l’implantation du 5 % dès le départ, faisant valoir le retard déjà à rattraper.
Entre 75 et 85 chansons par semaine
Pour une semaine de radiodiffusion classique, les grandes stations musicales montréalaises diffusent en moyenne entre 1 500 et 1 700 chansons. La mise en place d’un quota de 5 % reviendrait à jouer environ entre 75 et 85 chansons autochtones sur une semaine, a indiqué Nelly Jourdain, présidente directrice générale de Makusham Musique.
« Je ne pense pas que le 5 % de musique autochtone imposée soit une menace pour la musique francophone et anglophone », a dit Mathieu Mckenzie. « C’est juste montrer qu’on a une richesse culturelle ici, dans le pays, puis qu’on a cet art autochtone là qui existe (…) Il faut le voir de cette manière-là, que c’est une richesse qu’on a. »
Les audiences du CRTC ont commencé jeudi. Au total, cinq journées sont prévues à Gatineau d’ici le 29 septembre.
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