Contenu autochtone à la radio : « c’est mettre la charrue devant les bœufs », dit le président de Stingray Radio
Steve Jones, lors des audiences du CRTC, le 18 septembre 2025. Photo capture d’écran
Imposer la diffusion de la musique autochtone sur les radios commerciales reviendrait à « mettre la charrue devant les bœufs », a affirmé le président de Stingray Radio, jeudi, lors des audiences du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).
Les audiences du CRTC La voie à suivre — Soutenir le contenu audio canadien et autochtone se sont ouvertes, jeudi. Plus de 90 interventions ont été reçues par le Conseil qui entendra une cinquantaine de participants durant les audiences.
Les dirigeants du Studio Makusham de Maliotenam se feront à nouveau entendre devant le Conseil pour faire valoir leur point de vue sur l’importance de soutenir le contenu musical des Premières Nations. Ceux qui travaillent avec des artistes comme Maten, Samian et Florent Vollant réclament un quota minimal de 5 % de musique autochtone dans les radios commerciales.
Steve Jones, le président de Radio Stingray, est à la tête de l’entreprise majeure dans l’industrie radiophonique qui compte 97 radios à travers le Canada. Il croit qu’il serait prématuré d’imposer de la diffusion de contenu autochtone sur les ondes. Il a cependant précisé que Stingray était d’avis qu’il est important de soutenir ce type de musique et « d’amplifier les voix autochtones au Canada ».
« Le problème réside dans le manque de musique commercialement viable produite par les artistes autochtones », a-t-il affirmé, plaidant plutôt pour plus de financement pour ces artistes. « Ce qu’il faut vraiment, c’est un financement supplémentaire pour soutenir ces artistes ainsi que du matériel, des possibilités de collaboration et l’accès aux ressources nécessaires pour créer, interpréter, publier, enregistrer, distribuer, commercialiser et promouvoir au niveau mondial une musique de classe mondiale », a-t-il dit.
Plutôt que d’imposer la diffusion, le CRTC devrait prendre des mesures significatives pour garantir que des fonds soient alloués à la création, la distribution, la commercialisation et la promotion de la musique autochtones canadiennes, a fait valoir M. Jones.
Plus largement, ces audiences du CRTC visent à examiner les obligations en matière de contenu canadien qui devraient s’appliquer aux services de diffusion de musique en continu, comme Spotify.
Les services de diffusion en continu soutiennent que leurs efforts actuels pour promouvoir la culture canadienne, ainsi que les redevances qu’ils versent, sont suffisants. Les radiodiffuseurs, quant à eux, affirment que leur secteur est en net déclin et souhaitent que le CRTC assouplisse la réglementation à l’égard des acteurs traditionnels.
Les deux parties présenteront leurs arguments lors de cinq jours d’audiences, qui se tiendront à Gatineau d’ici le 29 septembre.
Ces audiences s’inscrivent dans le cadre d’une série de procédures du CRTC visant à mettre en œuvre la Loi sur la diffusion continue en ligne, qui a mis à jour les lois sur la radiodiffusion afin d’englober les plateformes en ligne.
-Avec La Presse Canadienne
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