OPINION ǀ Il est encore temps d’agir pour sauver l’hôtel de ville de Sept-Îles
L’hôtel de ville de Sept-Îles. Photo archives
La destruction d’une œuvre architecturale aussi importante que l’hôtel de ville de Sept-Îles, de surcroît pour faire place à un stationnement, est inacceptable sur les plans économique, social et urbain.
L’ensemble du processus ayant mené à cette décision a été caractérisé par un flagrant manque de transparence : les citoyens n’ont pas été informés des discussions ayant conduit à l’entente pour la vente du terrain ni à celles concernant la déconstruction, et les appels d’offres ont été lancés sans consultation publique préalable ni référendum sur la question. Il est étonnant que les gouvernements provincial et municipal n’aient pas cherché à entendre la population.
Construit en 1960 par l’agence ARCOP (Affleck, Desbarats, Dimakopoulos, Lebensold, Michaud, Sise, Architectes), l’hôtel de ville de Sept-Îles a été reconnu pour sa valeur patrimoniale exceptionnelle par la firme Patri-Arch lors d’une étude menée en 2020. Celle-ci désignait l’édifice comme une œuvre majeure de l’architecture moderne canadienne. Pour sa part, le Conseil municipal de Sept-Îles a refusé en 2021 de reconnaître le statut patrimonial du bâtiment, citant des coûts de rénovation trop élevés. Dès lors, malgré la mobilisation citoyenne, la Ville a cessé de sérieusement considérer la revalorisation du bâtiment.
En avril 2024, la municipalité de Sept-Îles a conclu une entente avec le CISSS de la Côte-Nord pour la vente du terrain de l’hôtel de ville au montant de 18,5 M $. Cette entente prévoyait la déconstruction de l’hôtel de ville préalablement au versement du montant. Appuyée par la députée de Duplessis, cette entente a été autorisée par le ministre de la Santé, en dépit des obligations légales du gouvernement provincial en matière de protection du patrimoine. Le CISSS prévoit d’y aménager une extension de son stationnement, afin de compenser la perte de cases prévue lors du projet d’agrandissement de son département d’urgence.
Selon les données publiées par la Ville, la vente du terrain permettra de couvrir une partie des coûts liés à la démolition et à la construction d’un nouvel hôtel de ville, évalués à environ 33 M $. La part nette restante, soit 14,5 M $, sera assumée par la municipalité. Or ce coût net pour la ville est équivalent au coût estimé de la rénovation du bâtiment existant, chiffré à 14,1 M $. L’argument économique en faveur de la démolition s’en retrouve donc invalidé.
Si l’on considère également la perte d’espaces de loisirs engendrée par la construction du nouvel hôtel de ville et les impacts écologiques d’une démolition pure et simple – alors que la Ville parlait initialement de déconstruction -, la conclusion s’impose d’elle-même.
Puisqu’il est encore temps, il faut demander à la ville de revenir sur sa décision et de revaloriser le bâtiment existant. En allant de l’avant avec le projet actuel, la municipalité persisterait dans une décision injustifiable, tant sur le plan économique que sur celui de la qualité de vie et du patrimoine.
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ridicule, c fini, aweille a terre.
Commentaire très juste.Qui cautionnerait de ne pas entretenir son bâ
tiement pendant 30 ans. C’est une passivité bien entretenue de Conseils en Conseils.
Reconvertir ce bâtiment en bureau pour des médecins spécialistes avec des services hébergement serai une solution pour le manque de services médicaux sur la cite nord la reconversion serait une solution aux problèmes de manque de spécialistes et du plus beaucoup moins coûteuse