La Banque du Canada abaisse son taux directeur à 2,5 %
La première sous-gouverneure de la Banque du Canada, Carolyn Rogers, et le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, lors d’une conférence de presse à la Banque du Canada, à Ottawa, le mercredi 30 juillet 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Adrian Wyld
La Banque du Canada réduit mercredi son taux directeur d’un quart de point, la banque centrale s’inquiétant moins des risques d’inflation que du ralentissement économique.
Le taux directeur de la Banque du Canada s’établit désormais à 2,5 %, après avoir été maintenu inchangé lors de trois annonces consécutives depuis mars.
Le gouverneur Tiff Macklem affirme que les risques ont changé depuis la dernière décision de la banque centrale en juillet.
Les fissures sur le marché du travail et la forte baisse des exportations menacent la croissance, précise-t-il, tandis que les premiers signes de pression inflationniste sous-jacente s’estompent.
«Étant donné que l’économie s’est affaiblie et que les risques à la hausse entourant l’inflation ont diminué, le conseil de direction a jugé qu’une réduction du taux directeur était appropriée pour mieux équilibrer les risques», dit-il dans sa déclaration préliminaire.
L’inflation annuelle s’est établie à 1,9 % en août, a annoncé mardi Statistique Canada, les chiffres de l’inflation de base se maintenant autour de 3 % en glissement annuel.
Mais la Banque du Canada, qui examine un éventail plus large d’indicateurs, estime toujours que l’inflation sous-jacente se maintient autour de 2,5 %.
M. Macklem ajoute que la décision du gouvernement fédéral d’abandonner la plupart des droits de douane de rétorsion contre les États-Unis au début du mois va quelque peu freiner l’inflation.
Le taux de chômage national a atteint 7,1 % après que l’économie canadienne a perdu plus de 100 000 emplois en juillet et août. Le produit intérieur brut réel a reculé de 1,6 % en rythme annualisé au deuxième trimestre.
Les économistes suggèrent que les employeurs se sont empressés de devancer les droits de douane américains au premier trimestre, ce qui a stimulé l’activité, puis entraîné la contraction du deuxième trimestre.
M. Macklem soutient que, même si de nombreuses inconnues subsistent concernant les droits de douane américains et les perturbations du commerce mondial, «l’incertitude à court terme pourrait avoir légèrement diminué».
Il ajoute que «le consensus était clair» au sein du conseil de direction pour réduire le taux directeur mercredi. Les économistes s’attendaient largement à cette décision avant l’annonce.
Katherine Judge, économiste principale à la CIBC, écrit mercredi dans une note adressée à ses clients que l’économie «perdait de sa résilience» et que l’inflation devrait rester bien maîtrisée à l’avenir.
Elle fait valoir que cela incitera la banque centrale à procéder à une nouvelle baisse lors de sa prochaine décision, le 29 octobre.
La Banque du Canada indique qu’elle continuera à se concentrer sur un horizon plus court que d’habitude, alors qu’elle tente de définir sa politique monétaire dans un environnement en constante évolution.
Stephen Brown, économiste en chef adjoint pour l’Amérique du Nord chez Capital Economics, souligne dans une note que la banque centrale a supprimé de son communiqué toute référence à la nécessité éventuelle de futures baisses de taux.
Les responsables de la politique monétaire examineront l’évolution des exportations et détermineront si les coûts liés aux perturbations commerciales sont répercutés sur les consommateurs afin d’évaluer la prochaine orientation du taux directeur.
M. Brown observe que l’accent mis par la Banque du Canada sur les anticipations inflationnistes et les répercussions possibles du conflit commercial sur l’activité des ménages est révélateur.
«Cela laisse la porte ouverte à une nouvelle baisse des taux d’intérêt cette année si, comme nous le prévoyons, la croissance économique reste faible et les pressions inflationnistes sous-jacentes sous contrôle», affirme-t-il.
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