L’artiste septilien Éric Leblanc fera partie de la deuxième saison de l’émission Quel talent! qui est diffusée sur les ondes de Noovo.
Cette opportunité permettra à M. Leblanc de rejoindre un public très large.
« Le Québec entier va me voir à la télévision chanter une de mes chansons. C’est le rêve de ma vie », dit-il.
C’est grâce à sa fille, Audrey-Ann Leblanc, qu’il se retrouve à cette compétition. C’est elle qui a envoyé une vidéo de son père chantant une chanson. Éric Leblanc n’était pas certain de vouloir s’inscrire parce qu’il avait soumis sa candidature à l’émission La Voix à neuf reprises et avait toujours été refusé, même s’il était passé proche d’être sélectionné la dernière fois.
« On aurait dit que je baissais un peu les bras. Ma fille m’a alors proposé d’envoyer ma candidature à Quel talent! avec l’une de mes chansons. Je n’y croyais pas vraiment… Les deux bras me sont tombés à terre quand on m’a appelé et qu’on voulait me voir pour une audition », dit-il.
Il a finalement été choisi. Il aura donc l’opportunité de passer à l’émission et de faire face aux quatre juges qui sont Marie-Mai, Rachid Badouri, Serge Denoncourt et Anne Dorval.
Lors de sa présence sur la scène, il portait des vêtements de l’entreprise innue Création Puamun. Il portait également des bottes provenant de la boutique Atikuss.
Mon identité
Lors de sa prestation, qui sera diffusée bientôt, Éric Leblanc interprète une chanson qui s’intitule Mon identité. Cette dernière puise dans l’histoire personnelle du chanteur.
Ce dernier est métissé. Il a des ancêtres autochtones de la communauté de Uashat mak Mani-utenam du côté paternel.
Toutefois, pendant longtemps, M. Leblanc n’était pas reconnu comme appartenant à une communauté. C’est qu’anciennement, la Loi sur les Indiens prévoyait que les femmes autochtones qui épousaient un homme sans statut se voyaient retirer leur statut d’Indienne et ne pouvaient le léguer à leurs enfants. Dans le cas de M. Leblanc, c’est son arrière-grand-mère innue qui a perdu ses droits.
« Toute ma vie j’ai souffert d’être entre l’arbre et l’écorce », dit-il, en racontant les difficultés qu’il avait de ne pas faire vraiment partie d’une communauté.
Depuis quelques années, les lois ont été modifiées et les descendants des femmes ayant perdu leur statut peuvent le récupérer. C’est notamment le cas d’Éric Leblanc qui l’a obtenu en 2022.
« Même si à l’intérieur de moi je le savais, maintenant j’avais la preuve », affirme-t-il. « Tout ce que j’ai pu perdre pendant 48 ans, j’ai envie de revivre le temps perdu avec mon identité innue. »
En plus de cette situation, Éric Leblanc a aussi dû quitter la région lorsqu’il était jeune parce que sa mère devait fuir une situation de violences conjugales. Cela a accentué sa séparation envers la culture innue.
C’est dans ce contexte qu’a été écrite la chanson Mon identité.
« Cette chanson me libère et m’aide à guérir de cette blessure », dit Éric Leblanc.
La pièce musicale a été enregistrée au studio Makusham. Il a été accompagné par Ivan Boivin-Flamand à la guitare, Louis-Philippe Boivin à la batterie, Kim Fontaine à la basse et Scott-Pien Picard qui fait les harmonies vocales.
Une partie de la chanson est en innu-aimun.
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Bonne chance Eric