Pavillon des croisières à Sept-Îles : un symbole fort de la réconciliation
Brigitte André, lors de l’inauguration du Pavillon des croisières Mishtanapeu Atshapi. Photo Emy-Jane Déry
Ministre, chef, maire, PDG du Port… tous les dignitaires et invités à l’inauguration officielle du nouveau pavillon des croisières Mishtanapeu Atshapi ont dansé ensemble au son du traditionnel tambour innu, pour marquer l’aboutissement d’un projet dans les cartons depuis plus d’une quinzaine d’années.
La nouvelle PDG du Port de Sept-Îles, Alexandra Chouinard, a pris la parole en public pour la première fois depuis son entrée en poste, pour lancer l’inauguration, vendredi. Elle commencé son allocution en s’adressant à la foule durant un bon moment en innu-aimun, soulignant l’hommage à la culture innue que représente le bâtiment. Plusieurs détails de son architecture ont été pensés en ce sens.

« Il est aussi un symbole d’un port qui s’ouvre sur le monde tout en honorant ses racines », a-t-elle affirmé.
Après 14 mois de travaux, le projet de pavillon des croisières est terminé. Réalisé au coût de 7,8 M$, il viendra « changer les vies » des artisans de Destination Sept-Îles Nakauinanu, qui ont enfin leur infrastructure permanente pour accueillir les touristes du monde entier.
Sept-Îles était l’unique membre de l’Association des croisières du Saint-Laurent qui ne possédait pas d’installation permanente.
« Ça va nous aider à mieux vous vendre », a souligné René Trépanier, directeur de l’Association.
Sept-Îles sera en mesure de recevoir des croisiéristes 12 mois par année. La chef d’escale, Suzanne Cassista, a d’ailleurs fait savoir qu’il y avait de l’intérêt pour les croisières d’hiver, qui seront de retour en 2027.
La ministre Kateri Champagne Jourdain a parlé de l’importance de l’industrie du tourisme dans l’économie de la Côte-Nord, qui représente plus 390 entreprises, 2 550 emplois et une contribution au PIB dans la région de 237 M$.

Un nom hommage
La fille de l’ancien chef innu Mathieu André, Brigitte André, était très fière de la reconnaissance portée à son père avec le nom donné au pavillon. Le chef André a fait partie de la genèse de l’économie nord-côtière, en participant notamment au développement de la mine. Il était un grand fervent du respect mutuel entre les nations, de « comment c’était important de se respecter entre nous, peu importe la race », a dit Mme André. Il a beaucoup travaillé pour la reconnaissance des droits ancestraux. « Mon père était un visionnaire », a-t-elle dit.
« Peu importe ce qui s’est passé dans les années auparavant, il y a nous, il y a l’avenir pour nos enfants de démontrer qu’on est fier d’être Innu, qu’on est sur nos deux pieds et qu’on est fait solide », a-t-elle conclu.
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