Des pionnières comme cheffes de train pour Transport Tshiuetin

Par Sylvain Turcotte 5:00 AM - 10 septembre 2025
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Mérédith Fontaine et Kayla Vollant, cheffes de train pour Transport Ferroviaire Tshiuetin. Photo Sylvain Turcotte

Mérédith Fontaine et Kayla Vollant sont des pionnières chez Transport Ferroviaire Tshiuetin. Elles sont les premières femmes innues de la compagnie à porter le titre de cheffe de train. 

Elles sont une denrée rare. Elles ne sont que dix-sept femmes diplômées de l’Attestation d’études collégiales (AEC) du Cégep de Sept-Îles en transport ferroviaire – chefs de train pour les quatre dernières cohortes. Deux d’entre elles occupent maintenant ce poste pour Transport Tshiuetin.

On ne parle pas ici de la personne qui est aux commandes de la locomotive de tête, mais de celle qui est responsable de la sécurité du train, un peu comme la copilote

Parmi les tâches d’un chef de train : manœuvrer les wagons, former et scinder les trains dans les cours de triage et déplacer les wagons entre les différentes voies.

Mérédith Fontaine a terminé sa formation en juin 2023, un an plus tard pour Kayla Vollant.

Pour Mme Fontaine, 22 ans, le déclic vers cette profession s’est fait en regardant le film À fond de train, mettant notamment en vedette Denzel Washington. 

« Je trouvais ça cool voir conduire des trains, mais je n’avais alors aucune idée c’était quoi être cheffe de train. J’ai aimé le cours », a-t-elle dit.

« On voit à la gestion du train, on évalue sa conduite. On est copilote », renchérit-elle.

Mérédith Fontaine aime être en contrôle, « prendre des décisions ». Jamais elle n’aurait cru exercer ce métier plus jeune. 

Quant à Kayla Vollant, 30 ans, elle avait déjà regardé pour le cours en transport ferroviaire, même si c’est « plus une job d’homme », mentionne celle qui a travaillé en administration, notamment pour ITUM.

Elle avait vu les publications de Mérédith Fontaine et s’est mise à lui poser des questions, lui demander des conseils. Elle a finalement décidé de faire le saut pour devenir une cheffe de train.

Ce qu’elle aime. c’est le côté physique, et être entouré par le bois et la nature, « et les beaux paysages ».

Kayla Vollant travaille sur les trains de minerai. C’est du 14/14, un horaire qui lui convient parfaitement. 

Méredith Fontaine est affectée aux trains de passagers avec un horaire de cinq jours de travail pour deux de congé. Toutefois, depuis mars, elle est confinée à un rôle d’agent de bord puisqu’elle est enceinte, bébé attendu pour décembre. Elle aimerait éventuellement être à bord pour les trains de marchandises ou de minerai. 

Leur travail se fait entre Emeril (située à une soixantaine de kilomètres de Wabush) et Schefferville, pour la portion du chemin de fer desservie par Transport Tshiuetin, sur environ 130 milles. L’autre section relève d’IOC avec le chemin de fer QNS&L.

Elles se rendent chaque fois au Labrador, jusqu’à Wabush, en avion.

Kayla Vollant et Mérédith Fontaine n’aspirent pas pour le moment à devenir conductrice de train. Ce poste relève de formations dispensées par les compagnies. Et si elles ont un message à lancer aux autres femmes innues concernant les perspectives comme cheffe de train, « tout est possible », de conclure Mme Vollant.

Portrait de l’AEC

L’AEC en transport ferroviaire – chefs de train est offert depuis près de 20 ans au Cégep de Sept-Îles. Le cours, débutant à l’automne, est d’une durée de six mois. 

“ De façon générale, nous essayons d’admettre 21 étudiants par cohorte (une seule cohorte par année) ”, fait savoir Éric Mission, directeur de la formation continue au Cégep de Sept-Îles.

Dès l’automne 2026, les étudiants de cette AEC pourront bénéficier d’équipement ferroviaire sur leur lieu d’études avec l’ouverture du nouveau pavillon d’innovation et de recherche qui accueillera le Centre d’expertise ferroviaire. Certains apprentissages pratiques, comme l’aiguillage, pourront se faire sur place et non dans les entreprises. Deux journées de stage sont toutefois à l’horaire. 

Les diplômés de l’AEC en transport ferroviaire – chefs de train n’ont aucun mal à se dénicher un emploi. 

“ Autant pour les hommes que les femmes, environ 50 % des étudiants sont embauchés à la fin de leur programme. L’autre 50 % arrive à se trouver un emploi dans l’année suivant la fin de leur programme. Donc on a un taux de placement d’environ 100 % dans la première année suivant la fin du programme ”, indique M. Misson. 

Pour devenir conducteur de train, la personne ayant suivant la formation de chef de train doit prendre de l’expérience pour avoir la possibilité de suivre un cours supplémentaire, selon l’employeur.

En chiffres

AEC Transport ferroviaire – Chefs de train  

Nombre d’étudiants par année :

2021-22 : 16 étudiant(e)s (3 femmes – 3 diplômées)

2022-23 : 18 (4 femmes – 3 diplômées)

2023-24 : 17 (7 femmes – 6 diplômées) 

2024-25 : 19 (5 femmes – 5 diplômées)

2025-26 (cohorte débutant le 15 septembre) : 21 personnes inscrites

* 70 % des étudiantes qui étaient inscrites à l’AEC lors des quatre dernières années étaient de Sept-Îles et Uashat mak Mani-utenam. Trois sont venues de l’extérieur de la Côte-Nord, soit une de Montréal, une de Longueuil et une de Saint-Basile-le-Grand.

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