Saison en dents de scie pour les producteurs de bleuets
La saison et la récolte de bleuets ont été différentes d'un bout à l'autre de la Côte-Nord cette année. Photo Renaud Cyr
Une saison en dents de scie, c’est de cette manière que le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de la Côte-Nord qualifie la saison des bleuets cette année, qui n’a pas épargné certains producteurs, mais qui en a favorisé d’autres.
Le président Daniel Harvey qui exploite des bleuetières dans la Manicouagan n’a pas de terme pour regrouper en un mot les récoltes des producteurs de bleuets de la Côte-Nord, un « 800 kilomètres où tout est différent ».
« J’ai eu connaissance des producteurs en Haute-Côte-Nord qui ont carrément dû annuler leurs récoltes, tandis que dans Sept-Rivières, c’était une belle année pour la récolte », affirme-t-il.
Il met l’emphase sur le fait que la production et les récoltes ont été différentes à bien des endroits sur la Côte-Nord cette année.
Dans la Manicouagan, le résultat est mitigé, car la région a quand même été affectée par les épisodes météorologiques hors de l’ordinaire de cet été.
Du bleuet flétri
La semaine de chaleur accablante du mois d’août a bien fait d’achever l’espoir d’un bleuet bien en chair à certains endroits. C’est ce qui est arrivé à certains producteurs de la Haute-Côte-Nord qui ont trouvé des bleuets flétris dans leurs champs.
De son côté, Daniel Harvey indique que certaines de ses bleuetières ont connu le même sort. « J’ai une bleuetière où les fruits étaient flétris en raison des stress de la chaleur, et j’ai aussi eu du gel ce qui n’a pas aidé non plus », explique-t-il.
Il estime qu’il a récolté 30 % de la superficie à cette installation, mais précise toutefois que la récolte a été meilleure le long du fleuve.
De meilleurs prix
Les prix pour les récoltes de l’an dernier sont quand même bons comparés à 2023, selon Daniel Harvey.
Le bleuet ordinaire et sans pesticides était alors fixé à 0,35 $ la livre par le Syndicat des producteurs de bleuets du Québec, ce qui ne manque pas de provoquer un petit rire jaune de la part du président.
« Ce n’est pas encore la mer à boire, mais il y a une petite amélioration », remarque-t-il.
En 2024, on monte à 1,24 $ dans le bleuet biologique, autour de 0,60 $ dans le conventionnel et sans pesticides et le prix de départ du biologique est à 0,75 $.
Explorer d’autres marchés
Le bleuet des producteurs affiliés à une coopérative sort de la Côte-Nord pour être exporté dans de nouveaux marchés comme l’Asie.
« Le marché des États-Unis est déjà comblé par des transformateurs du Lac-Saint-Jean, donc de notre côté, on essaie d’avoir un produit un peu plus haut de gamme pour aller sur d’autres marchés à l’international », résume le président.
Ce dernier estime qu’une dizaine de producteurs nord-côtiers font affaire avec ce regroupement pour écouler leur produit.
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